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Terrorisme. 15 ans après son enlèvement à Djanet, au sud-est de l’Algérie, Maria Sandra Mariani témoigne, à Vérone (Italie), contre ses ravisseurs polisariens

Maria Sandra Mariani, qui avait été enlevée le 2 février 2011 à Djanet, sud-est de l’Algérie et libérée plus d’un an après (17 avril 2012), est revenue sur cette expérience douloureuse, lors d’une rencontre organisée, samedi 16 mai 2026 au Centre des congrès Veronafiere de Vérone, à l’initiative de l’Association italo-marocaine de la jeunesse (Giovani Italo-Marocchini, GIM). Accueillie par des applaudissements chaleureux devant une salle comble, Mariani a déclaré : « J’ai visité la Jordanie et tout s’est bien passé », mais « en Algérie, je me suis retrouvée confrontée à la terreur, aux mains du groupe d’Adnan Abou Walid Sahraoui ».

 

 

Le « polisario » rattrapé par sa victime florentine, Maria Sandra Mariani

Adnan Abou Walid Sahrawi, pour ceux qui ne le connaissent pas, fut un ancien élément de la milice séparatiste du « polisario », avant de se convertir à l’activité terroriste. Porte-parole du Mouvement pour l’unification et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), il a rejoint le groupe Al Mourabitoun au moment de sa création, en août 2013. En mai 2015, il a annoncé qu’il prêtait allégeance à l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL), et s’est autoproclamé émir du groupe Al Mourabitoun au Mali. En octobre 2016, l’EIIL a reconnu avoir reçu un serment d’allégeance du groupe dirigé par Al-Sahraoui. Il est depuis devenu le chef du groupe terroriste État islamique au Grand Sahara (EIGS). Il a été tué le 17 août 2021 lors d’une frappe ciblée de la force française Barkhane, mais son fils Abou Al-Baraa Al-Sahrawi, également connu sous son nom de guerre Abou Omar, l’a remplacé à la tête de ce groupe qui a surpassé Aqmi sur l’échelle de la terreur. « Issu des camps algériens, considérés comme un terreau fertile pour les groupes terroristes qui alimentent aujourd’hui les guerres en Afrique, Abou Al-Baraa Al-Sahrawi porte en lui un ADN terroriste transmis automatiquement de père en fils« , a déploré Maria Sandra Mariani, lors d’un échange passionné avec le réalisateur belgo-marocain Hassan El Bouharrouti. 

 

 

Sahel et Sahara à la merci du narcoterrorisme

Autre moment fort de cette rencontre, la projection du documentaire du documentaire: « Sahel et Sahara, connexions : trafic, drogue et terrorisme » de Hassan El Bouharrouti. Le travail du réalisateur s’appuie sur des témoignages d’anciens otages, notamment le cas de l’Italienne Maria Sandra Mariani. Il met en évidence les liens du « Polisario » avec les réseaux de trafic de drogue et des groupes armés et démontre que l’instabilité et les activités criminelles dans les camps de Tindouf constituent une menace sécuritaire non seulement pour la région sahélo-saharienne, mais aussi pour l’Europe. 

 

 

Interrogé sur son film, Bouharrouti a souligné: c’est un appel urgent à l’action visant à sensibiliser l’opinion publique au danger que représentent les camps de Tindouf en Afrique et la prolifération des groupes terroristes et criminels. Il a noté que depuis 1976, les habitants de ces camps n’ont jamais été identifiés par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), malgré les recommandations pertinentes de l’ONU. Par conséquent, le refus catégorique de l’Algérie d’autoriser une telle opération encourage également le détournement de l’aide humanitaire internationale.

La rencontre s’est conclue par un vibrant appel adressé au gouvernement italien pour amener Alger à cesser son soutien financier et militaire au « polisario », dont les accointances avec le terrorisme au Sahel ne sont plus à démontrer.

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