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“J’ai vu la mort de mes propres yeux”: Le témoignage poignant d’un rescapé de l’enfer de Sebta

Wassim, 24 ans, a tenté trois fois de franchir la barrière de “Tarajal” pour rejoindre Sebta, en vain. Derrière sa ténacité à passer de l’autre côté de la barrière du mal, un bout d’espoir auquel, bon an mal an, ce jeune coiffeur, issu du quartier Sidi Moussa, à Salé, se suspend comme à un fil de salut. Embrasser ce bout de terre toujours sous occupation espagnole, présenté souvent, à tort bien sûr, comme le ticket d’entrée vers “l’eldorado”” européen. Mais ce 30 juillet 2026, tout a basculé.  

Même si Wassim a réussi la traversée à la nage, il n’a pas réfléchi deux fois pour répondre à l’appel du retour. “J’ai vu la mort de mes propres yeux”, confie-t-il, une larme dans la voix. “J’ai vu des jeunes, voire des enfants et des femmes, mourir sous mes yeux, la plupart d’eux sont morts noyés”, déplore-t-il, le regard sombre. 

 

 

Les “rescapés”, eux, n’étaient pas mieux lotis. Une fois à Sebta, ils sont vécu la faim, subi l’humiliation dans la chair et l’esprit…  “Seuls quelques familles sebtaouies, dont je salue l’empathie, nous ont apporté du pain et de l’eau”, relate-t-il, reconnaissant. Mais l’altruisme des uns sera vite escamoté par l’agressivité d’autres, ceux-là bien nombreux. 

Wassim, comme tous les jeunes ayant réussi l’entrée à Sebta, n’était pas en terrain conquis. “Une fois devant “el centro” (Ndlr: centre d’accueil pour les migrants), des robocops de la guardia civil ont pointé leurs armes vers nous”, se souvient-il, regrettant de trouver porte close là où il pose ses pieds. 

La chasse aux migrants orchestré par quelques nervis du parti d’extrême droite, « Vox », s’est ajouté à la peine de Wassim, qui ne savait plus à quel saint se vouer. Un véritable hallali anti-migrants doublé de bastonnades distribuées à tout vent.  

Malgré les affres de cette épreuve , Wassim s’accroche à son rêve d’émigrer mais pas de sitôt. S’il affirme vouloir oublier pour le moment, il n’en « capitule » pas moins. « J’attends de réunir mes papiers pour partir légalement », dit-il, d’un ton insistant. 

Qui pourrait alors l’en dissuader? 

La balle est dans le camp de l’Etat appelé, aujourd’hui plus que jamais, à redonner espoir à cette jeunesse dont les revendications se résument simplement à l’emploi, l’éducation, et la santé. 

 

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