« Même dans les pires moments de leur vie, les Marocains restent dans la générosité, la bravoure, le partage et dans une hospitalité inébranlable, c’est juste merveilleux ». L’émouvant témoignage de Madame NAAMANE GHIZLANE, Présidente de l’association Riad Al Amal

Par Madame NAAMANE GHIZLANE*

Entre la poussière des débris de ruines et l’odeur des cadavres décomposés, entre le regard éteint des habitants traumatisés, et les rides de souffrances vécues le vendredi 08 septembre, ma profonde peine et mon extrême désarroi face à ce désastre impitoyable, visité en live, ne m’a pas empêché de rester subjuguée par l’hospitalité et la générosité du peuple marocain.

D’un côté, les habitants qui nous ont reçus, avec un plateau de thé et des gâteaux marocains, suivis d’un couscous garni d’un semblant de poulet, à faire pleurer, et un pichet de petit lait local artisanal.

Ma gorge était nouée par ce malheureux spectacle, mais pour ne pas froisser mes hôtes, je me suis sentie obligée d’avaler quelques bouchées sans chercher à comprendre leur saveur.

C’est en cet instant précis, ou la fierté d’être Marocaine m’a submergée de nouveau: Même dans les pires moments de leur vie, les Marocains restent dans le  » swabe », la générosité, la bravoure, le partage et dans une hospitalité inébranlable, c’est juste merveilleux.

 

 

 

D’un autre côté, tant de voitures, cars camions, 4×4, semi-remorques, pleins à craquer, se sont déplacés à douar Ouled Berhir, un petit village à 70 km de Taroudant, avec 250 habitants presque tous, sans maisons, ni abris, les tentes ne sont pas encore arrivées, plus d’une cinquantaine de familles ont été gravement touchées par le séisme.

L’endroit est très loin des grandes villes, le passage est difficile, les autorités semblent dépassées, ce qui est normal, elles gèrent les priorités.

Beaucoup de jeunes se sont déplacés avec les moyens de bord, venant prêter main forte aux sinistrés. Des familles entassées à plusieurs dans de petites voitures, ont trouvé le moyen de gaver cette dernière, de denrées en direction des zones touchées par le séisme.

Des semi-remorques à moitié endormies, traînant leur lenteur sur les routes depuis l’aube, envoyés par la société civile, les associations, les donateurs, des volontaires de toutes les villes du Royaume, avec les drapeaux rouge et vert luisant sur le capot, dans une fierté modeste d’un pays digne de respect.

Le bruit des ambulances qui slalomaient entre les voitures, sur une route très étroite fut atroce, cela laissait comprendre qu’il y avait encore des gens blessés.

Dans ce cauchemar, tout semblait à sa place, l’organisation, les routes, les objectifs, les aides. Les autorités locales recevaient les voyageurs à l’entrée des villages avec un sourire de reconnaissance mélancolique. Tout ce monde faisait à sa conscience ce que cette dernière lui dictait.

Je bannis ces personnes sur les réseaux sociaux qui font circuler de fausses informations, qui nuisent à notre pays et biaisent notre fierté, prétendant que plusieurs régions sinistrées n’ont pas reçu d’aide, pas de soutien médical ou autres, un gros mensonge.

J’ai rencontré une telle abondance sur les routes indescriptible, qui réchauffe le cœur d’une Marocaine convaincue.
La solidarité des Marocains reste une devise et une valeur sûre.

*Présidente de l’association Riad Al Amal
Madame NAAMANE GHIZLANE