Congrès de l’USFP: Les socialistes face au culte du chef unique


Au cours d’une conférence de presse tenue, hier mardi à Rabat, le bureau politique de l’USFP a appuyé la candidature de Driss Lachgar pour rempiler lors du 11ème congrès qui se tiendra les 28, 29 et 30 janvier. Un soutien qui était prévisible après celui formulé par les groupes parlementaires socialistes dans les deux chambres du parlement.

Les congressistes devraient donc approuver, sans problème, la résolution visant à modifier le règlement intérieur du parti pour ouvrir la voie à la candidature de Lachgar. Pourtant ce dernier avait clamé, haut et fort, qu’il ne briguerait pas un troisième mandat quand des voix se sont élevées contre sa « reconduction ». Mais c’était sans compter sur ses partisans au sein du parti qui vont user de toutes les subterfuges pour le remettre sur les rails de la candidature.

Les membres du bureau politiques et les parlementaires ne cessent pas d’évoquer les acquis réalisés par leur leader incontestable depuis le dernier congrès en évoquant notamment les résultats des élections législatives: « Le bilan probant de la direction a permis à notre parti de réaliser des résultats positifs lors des dernières échéances électorales et de renforcer sa position politique sur la scène nationale… Nous exhortons Driss Lachgar à revenir sur sa décision qu’il a déjà annoncée de ne pas se présenter au poste de premier secrétaire… », indique un communiqué du bureau politique.

On se croirait dans les années 60 et 70 quand les partis communistes entretenaient, via une propagande tous azimuts, le culte du chef indispensable, fortement adulé et unique. Les socialistes marocains n’en sont pas très éloignés puisqu’ils ont osé transformer un échec électoral en une victoire.

L’USFP n’a, pourtant, glané que 35 sièges loin dernière l’Istiqlal qui le devance directement avec 78 sièges. Mais les socialistes ont préféré se positionner par rapport aux sièges obtenus en 2016 (20 sièges) pour parler d’un gain de 15 sièges entre ces deux échéances.

Sauf qu’ils ont oublié que pendant la déroute de 2016, Lachgar était aux commandes et qu’en 2011 le parti avait obtenu 39 sièges quand le premier secrétaire, qui va briguer un troisième mandat, n’avait pas encore tenu les manettes.

Le raisonnement par l’absurde des partisans de Lachgar consiste à dire qu’après avoir enfoncé le parti en 2016 (20 sièges) leur leader a réussi à le sortir du trou en 2022 en obtenant 35 sièges. Conclusion: Lachgar est un sauveur et il demeure le seul chef à mener l’USFP à bon port.

Et dire que les socialistes osent encore dire qu’ils resteront fidèles aux engagements de ce grand homme d’État que fut feu Abderrahim Bouabid. Le plus grand leader de l’USFP risque de se retourner dans sa tombe.