
Intervenant par visioconférence ce dimanche lors de la session extraordinaire du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel, le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita, a adopté un ton particulièrement ferme et sans détour contre Téhéran, à l’origine d' »agressions abjectes » contre les monarchies sœurs du Golfe, depuis le déclenchement, le 28 février 2026, de l’opération « Fureur épique« .
Le Maroc ne fait pas dans dentelle quand la sécurité et la stabilité des pays arabes frères sont en danger. Il ne s’est pas contenté de condamner dans les termes les plus énergiques les « agressions iraniennes odieuses« , qualifiées de « violation flagrante de la souveraineté des États arabes« , il a également fait part de sa ferme volonté d’appuyer « toutes les mesures légitimes que les pays arabes frères jugeront appropriées pour préserver leur sécurité ainsi que la tranquillité de leurs citoyens et des résidents sur leur territoire« .
Les propos tenus par le Maroc ne sont pas dictés par les circonstances ou la conjoncture, mais découlent d’une conviction profonde et durable de la forte communauté de destins. M. Bourita a rappelé, à juste titre, le discours prononcé par Sa Majesté le Roi lors du Sommet Maroc-Pays du Golfe tenu le 20 avril 2016, quand le Souverain avait affirmé : « En effet, la défense de notre sécurité n’est pas uniquement un devoir commun, elle est une et indivisible. De fait, le Maroc a toujours considéré que la sécurité et la stabilité des pays du Golfe Arabe sont indissociables de la sécurité du Maroc. Ce qui vous porte préjudice nous affecte aussi et ce qui nous touche vous touche également ».
Vous avez donc bien lu: la sécurité et la stabilité des pays du Golfe Arabe sont indissociables de la sécurité du Maroc.
Est-ce donc un hasard si la diplomatie royale a été précurseure dans l’adoption d’une action proactive contre le régime iranien sournois et viscéralement hostile? Pour s’en apercevoir, il n’est qu’à rappeler que le Royaume avait été le seul pays arabe à avoir rompu, début mars 2009, ses relations diplomatiques avec Téhéran, en protestation contre « l’ingérence iranienne dans les affaires intérieures du Royaume de Bahreïn« , doublée au demeurant, d’un « activisme avéré des autorités de ce pays (ndlr: l’Iran), et notamment de sa représentation diplomatique à Rabat, visant à altérer les fondamentaux religieux du royaume, à s’attaquer aux fondements de l’identité ancestrale du peuple marocain et à tenter de menacer l’unicité du culte musulman et le rite malékite sunnite au Maroc, dont est le garant » SM le Roi Mohammed VI« .
Une ingérence inadmissible de la part de Téhéran, encore pris en flagrant délit d’entraînement, par le biais du Hezbollah, de la milice séparatiste du « polisario », malgré les « garanties » données par Téhéran en vue du rétablissement de ses relations avec Rabat en 2014. Un rétablissement qui n’aura duré que quatre ans, puisque le Maroc rompra de nouveau ses relations avec l’impénitent régime iranien le 1er mai 2018, après avoir établi la preuve de son implication dans la formation du « polisario », via des experts militaires de son proxy au Sud-Liban, et avec la complicité criminelle d’Alger, aux nouvelles techniques de guérilla, notamment la « guerre des tunnels« .
« Ces agressions abjectes (Ndlr; contre les pays du Golfe) ne sont qu’une des manifestations des politiques hostiles que le régime iranien ne cesse d’adopter à l’égard des pays voisins et dans la région de manière générale, dans une tentative d’alimenter la discorde et de déstabiliser la région, notamment par la création d’entités et de milices terroristes qui lui prêtent allégeance au détriment de l’intérêt, de la sécurité et de la stabilité de leurs propres pays« , a souligné le chef de la diplomatie marocaine, en appelant à « une action arabe commune pour préserver la sécurité collective des pays arabes, protéger leur souveraineté et les intérêts de leurs peuples, et faire face à tous les défis visant la stabilité et la sécurité de la région, loin des logiques de division, de fragmentation et de dispersion« .





