Chantage au visa. Le silence assourdissant du gouvernement face à la guerre politique, économique et sociale que mène la France contre les Marocains


Le chantage au visa que mène la France contre les Marocains depuis le 28 septembre est indigne d’un pays qui se targue d’avoir émis la déclaration des droits de l’homme et du citoyen en 1789. C’est une véritable guerre qui a été déclarée contre le royaume en réduisant de moitié le quota de visas aux ressortissants marocains quelles que soient leurs catégories sociales et professionnelles.

Du coup, les Marocains qui veulent se rendre en France pour des raisons médicales, familiales ou professionnelles sont déclarés persona non grata par le consulat français. Ce qui gêne aux entournures, c’est que les services consulaires n’expliquent pas aux postulants les véritables raisons du refus du visa et se contentent d’émettre des motivations saugrenues comme l’absence de garantie et autres.

Le personnel du consulat est incapable d’avouer que la France a réduit de moitié la délivrance des visas pour punir le Maroc qui aurait refusé de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires au retour des immigrés refoulés de France. Ce qui est étonnant c’est que la plupart des demandeurs de visa ignorent que ce refus est un acte politique décidé par la France.

D’autant plus que le gouvernement marocain affiche un silence assourdissant face à une situation qui ne cesse d’empirer sur les plans social, économique, voire humanitaire. Des citoyens sont séparés de leurs proches, des centaines de transporteurs TIR sont bloqués, des chauffeurs en chômage, des exportations suspendues et les rentrées en devises commencent à en pâtir.

Autant dire que c’est toute la chaîne de l’économie marocaine qui risque d’être gravement affectée alors qu’elle n’est pas encore sortie des graves répercussions de la pandémie. Ce qui est encore plus aberrant, c’est que les services consulaires continuent à encaisser les frais de dossiers tout en sachant que la moitié des demandes de visa sera rejetée et que cette manne d’argent n’est pas remboursable.

Autant dire que le chantage politique a été « consolidé » par une supercherie financière quand on sait que les frais de dossiers pour chaque personne s’élèvent à 1500 dirhams. Face à ce blocage, les transporteurs, les hommes d’affaires, les sociétés et les particuliers ont beau protester mais personne ne semble se préoccuper de leur détresse au sein du gouvernement.

En France, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, se réjouit de cette situation dramatique en déclarant: « Réduire les visas est une mesure difficile mais qu’on assume tant qu’il n’y aura pas une coopération plus importante. Elle a permis la reprise de discussions diplomatiques à très haut niveau ».

Au Maroc, le ministre de l’industrie, Ryad  Mezzour, reçoit ce lundi le ministre délégué aux affaires étrangères français, Franck Riester. L’ambassade de France indique dans un communiqué que les deux responsables devraient évoquer  « les sujets d’avenir du partenariat d’exception franco-marocain ».

On ne sait pas comment on peut parler d’avenir quand le présent est gelé par l’interdiction de la circulation des biens et des personnes décrétée par la France.