« ZANKA CONTACT »: VOUS AVEZ DIT « LIBERTÉ DE CRÉATION »?

Il semblerait que l’interdiction de projection du film « Zanka contact » d’Ismael El Iraki n’ait pas été du goût de certains. « Une atteinte à la liberté de création », arguent-ils, oubliant que la liberté est une responsabilité.

Du haut de quelle « responsabilité » l’auteur du film s’est-il donc autorisé à utiliser un morceau de la chanteuse pro-« polisario », Meriem Ment Hssan? 

 

 

 

 

L' »atteinte à la liberté de création » serait-elle plus grave que « l’atteinte » à la mémoire de nos martyrs tombés pour le Sahara, « l’atteinte » à la veuve et à l’orphelin, « l’atteinte » aux rescapés de l’enfer tindoufien, lesquels portent dans leur chair et esprit, les séquelles ineffaçables des travaux forcés, de la torture épouvantable, des traitements dégradants et atroces qui leur ont été infligés par les matons de Rabouni et leurs protecteurs algériens.

On aimerait bien savoir ce que penseraient ces défenseurs de « la liberté de création » des sacrifices consentis par ces héros tombés sur le champ d’honneur, ce don de soi dont font preuve ceux qui sont actuellement sur la ligne de feu… ?

Loin de nous l’idée de mettre en doute le patriotisme de quiconque, encore faut-il le prouver, par des actes et non par des polémiques stériles. Loin de nous l’idée de contester le principe de liberté, encore faut-il savoir en faire un usage responsable. Cette précision n’est évidemment pas un appel pour dresser des échafauds pour la liberté, encore faut-il savoir que ce principe n’est pas une carte blanche pour faire n’importe quoi et n’importe comment. Ce qu’il s’est passé il y a tout juste un mois sur la scène OLM-Souissi, vous en conviendrait, est un déRAPage. C’est la preuve que certains ne sont pas encore mûrs pour un exercice sain de leur droit à la liberté, sous quelque forme qu’elle soit.

Pour « Zanka contact », on se demanderait comment le morceau de la séparatiste a pu échapper à l’oeil de la Commission nationale du Fonds d’aide à la production cinématographique, pour ne pas parler du jury du dernier Festival national du Film de Tanger qui lui a décerné le Grand prix!

L’interdiction du film ne suffirait pas, sa levée ne saurait être conditionnée à la seule suppression du morceau par « qui » le scandale arrive. Toute décision à ce sujet doit être arrimée à cette exigence de vérité: pourquoi et comment la musique de la séparatiste a-t-elle été intégrée au film.