“JE N’AVAIS QUE 18 ANS, J’ÉTAIS VIERGE. IL M’A VIOLÉE”. LE TÉMOIGNAGE GLAÇANT, DEPUIS SÉVILLE, D’UNE VICTIME DU CHEF DU “POLISARIO”

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Je n’avais que 18 ans, j’étais vierge. Brahim Ghali m’a violée. C’est la pire chose qui puisse arriver à une femme“, témoigne, depuis Séville, Khadijatou Mahmoud, dans une interview au quotidien espagnol La Razón.

Cette sortie intervient une semaine après une vidéo filmée et postée sur youTube, où Khadijatou demandait l’arrestation du chef des milices séparatistes Brahim Ghali, arrivé incognito avec des papiers trafiqués par les services algériens, il y a une quinzaine de jours dans un hôpital de Logroño, nord d’Espagne. “J’ai appris par voie de presse que Brahim Ghali se trouvait en Espagne. (…) Je serais reconnaissante à l’Espagne si on procède à l’arrestation de Brahim Ghali. Je n’arrive pas à comprendre comment on lui a permis d’accéder au territoire espagnol et je ne sais pas non plus quand justice me sera rendue“, s’était-elle indignée.

Aujourd’hui, elle revient avec plus amples détails sur les affres de ce viol perpétré par Brahim Ghali en 2010, du temps où ce dernier était encore chef de la “représentation” du polisario à Alger. Khadijatou s’y était rendue pour lui demander une autorisation de sortie des camps, parce qu’elle était invitée en Italie par une ONG en récompense de sa collaboration dans le cadre d’une action humanitaire effectuée à Tindouf.

Or voilà: ce rêve d’évasion a basculé en cauchemar. “Quand j’ai dû demander un visa pour rentrer en Europe, il m’a violée”, relate Khadijatou au quotidien La Razón. “Saignante et complètement désorientée, une amie qui m’avait accompagnée à cet “étrange rendez-vous consulaire à 19 heures” m’a emmenée chez un médecin privé. Après m’être rétabli, j’en ai parlé à ma mère biologique, et elle m’a recommandé de ne pas le signaler, “pour ne pas avoir d’ennuis et plus encore, des ennuis qui me déshonoreraient“, se souvient-elle.

Mais une fois en Espagne, “de nouveau avec ma famille d’accueil, je n’ai eu aucun doute et j’ai été encouragée à demander justice. J’ai trouvé un avocat et, en 2013, j’ai déposé une plainte judiciaire auprès de la Haute Cour nationale“, poursuit la victime.

Seulement voilà, la plainte a été rejetée en 2018 par la même cour, au motif que “l’auteur du viol présumé était un sahraoui, et qu’en plus, le viol allégué avait été perpétré en Algérie et la plaignante avait le statut d’apatride et, du coup, n’avait pas la nationalité espagnole“.

Aujourd’hui, une lueur d’espoir pointe au bout du tunnel. Forte du soutien du mouvement social #MeToo encourageant la prise de parole des femmes, Khadijatou se prépare à déposer une nouvelle plainte judiciaire contre le chef des milices séparatistes.