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Attaques terroristes contre le Mali: la main visible d’Alger 

Le Mali a été visé ce samedi 25 avril par des attaques coordonnées de groupes terroristes, a annoncé Bamako. Ces attaques sans précédent ont été revendiquées par le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans » “جماعة نصرة الإسلام والمسلمين”, une coalition formée d’éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Ansar Dine et al-Mourabitoune), et le Front de libération de l’Azawad (FLA), une coalition de groupes armés séparatistes à dominante touareg du Nord du Mali. Le nexus terrorisme et séparatisme contre lequel le Maroc n’a eu de cesse de mettre en garde apparaît dans toute sa laideur.

Ces attaques revendiquées simultanément par le JNIM et le FLA interpellent par leur ampleur et leur timing. Elles rappellent cruellement la tentative de prise de Bamako début janvier 2013 par les terroristes d’ »Ansar Dine », fondé par le rebelle indépendantiste touareg Iyad Ag Ghaly, reconverti au “jihad”, en coordination avec Aqmi, rejeton du tristement célèbre « Groupe salafiste pour le combat et le salafisme » (GSPC, الجماعة السلفية للدعوة والقتال), devenu une franchise algérienne dans la région sahélo-saharienne. Une tentative d’envergure qui a échoué mais dont on voit aujourd’hui une version bis repetita. 

Passons, car cette nouvelle tentative interpelle aussi et surtout par son timing. Et ce timing est tout sauf un hasard: les attaques coordonnées entre le JNIM et le FLA surviennent au lendemain du retrait par Bamako de sa reconnaissance de la pseudo-”rasd”. 

Quand on sait que les auteurs de ces attaques disposent de bases de repli en Algérie, bénéficient du soutien militaire, logistique et financier algérien, tout comme d’ailleurs le “polisario”, dont l’implication dans l’activité terroriste au Sahel est un secret de polichinelle, -l' »Etat islamique dans le Grand Sahara » (EIGS, antenne sahélienne de Daesh, fondée par l’ex-polisarien Adnane Abou Walid al-sahraoui)-,  il n’est pas exclu que cette nouvelle tentative de déstabilisation du Mali ait été orchestrée dans les bureaux nauséeux du renseignement militaire algérien. 

Un indice, et non des moindres: Iyad Ag Ghaly, jadis partisan d’un “Etat touareg indépendant” au nord du Mali et aujourd’hui d’un “Mali islamiste”, court toujours librement, malgré un mandat d’arrêt émis à son encontre en 2017 par la Cour pénale internationale (CPI). Cet émir de sinistre réputation bénéficie toujours du parapluie d’Alger, qui lui offre, outre les armes, le gîte et le couvert. Et ce n’est surtout pas le massif du Hoggar algérien où il avait coutume de rencontrer l’ancien chef du “polisario”, feu Mohamed Abdelaziz, qui dira le contraire.

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