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« J’écris pour durer » … le cri de notre consœur Aziza Hallak contre l’éphémère et l’oubli

Le livre « J’écris pour rester », de la journaliste Aziza Hallak, vient de paraître aux éditions « Nawras ». Cet ouvrage de 249 pages est illustré d’une peinture de l’artiste plasticienne Souad Byad.

L’auteure explique que « J’écris pour rester » n’est pas qu’un simple titre, mais l’aboutissement d’un sentiment qui l’anime depuis longtemps. Elle confie qu’à travers chaque texte, elle a l’impression de laisser une trace, une trace qui pourrait traverser le temps et atteindre un lecteur inconnu.

Dans son introduction au livre, la journaliste et écrivaine Fatiha Nouhou souligne qu’Aziza Hallak a exploré les méandres de la réalité grâce à ce que lui permettait son métier pendant plus de trois décennies, et grâce à un langage qui lui offrait une expérience de l’observation sur le terrain, saisissant avec précision et sans ambiguïté ce qui touche au quotidien, excluant ainsi le piège de la métaphore qui distingue les textes d’opinion des textes littéraires, même lorsqu’ils sont confinés entre parenthèses – c’est-à-dire sur la couverture d’un livre.

Bien que le « je » de l’orateur constitue le principal seuil dans les articles de l’auteur, il n’est pas affecté par la présence du « je » de l’écrivain dans l’autobiographie, construction littéraire difficile à justifier et à expliquer. La différence réside dans le fait qu’Aziza Hallak aborde des sujets qui exigent une prise de position claire et explicite, qu’elle étaye tantôt par des arguments, tantôt par des preuves, afin d’impliquer le lecteur dans l’actualité, en fonction du contenu de son écrit. Elle s’appuie sur la démonstration que ce qu’elle présente relève d’une conviction personnelle profonde et n’est pas nécessairement partagé par elle-même, mais le terrain reste largement ouvert au débat.

Ce qui frappe l’ouvrage, écrit le journaliste et écrivain Abdelaziz Gougas, c’est qu’il se révèle être un acte de résistance serein face à l’éphémère et au transitoire. Ces pages, écrites avec une profonde douleur et une grande contemplation, dépassent le simple cadre d’articles journalistiques s’attachant à l’actualité et aux détails du quotidien ; elles sont plutôt les fragments d’un parcours intellectuel et humain, une écoute attentive du monde que l’on réexamine avec un regard critique et une expérience façonnée par les mutations politiques, sociales et médiatiques du Maroc.

Aziza Hallak écrit car l’écriture est pour elle une nécessité existentielle ; elle écrit pour perdurer, pour être immortalisée. Pour elle, l’écriture devient l’herbe de l’immortalité de Gilgamesh, avant que le spirituel et l’essentiel ne se perdent dans le tumulte du moment. Dans ses textes, mémoire et réflexion s’entremêlent, sphères personnelle et publique, transformant l’essai en un espace de contemplation de l’humanité traversant le temps, avec toute sa fragilité et son espoir.

Dans son livre « J’écris pour perdurer », Aziza Hallak présente un recueil d’essais et de réflexions puisant dans une longue et riche expérience humaine et professionnelle, tant dans le journalisme que dans la vie publique. L’auteure ne se contente pas de relater des événements, mais les transforme en moments de contemplation sur les métamorphoses vécues par les individus et la société. Entremêlant souvenirs personnels et réalités sociales et politiques, elle livre des textes empreints de sincérité et d’honnêteté, invitant le lecteur à s’interroger sur les questions du quotidien, du pouvoir, de la mémoire et de l’humanité.

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