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Monsieur le président a-t-il « Faye » à ses engagements?

L'Etat sénégalais "quasi officiellement au bord de la faillite".

L’agence américaine S&P Global Ratings a abaissé vendredi la note de la monnaie locale du Sénégal à « CCC+/C » contre « B-/B », invoquant des risques de refinancement croissants et la dépendance accrue du gouvernement à l’égard de la dette intérieure à court terme dans un contexte de blocage des négociations sur un nouveau programme du FMI.

Concrètement, cela signifie que le pays fait face à :
•  des tensions de liquidité importantes,
•  une forte dépendance aux conditions économiques mondiales,
•  et des capacités de remboursement fragilisées.

Dans le même temps, la notation de la dette en monnaie étrangère est maintenue à CCC+/C, toujours avec une perspective négative, signe que les inquiétudes restent globales et persistantes.

Dette, refinancement : les points de rupture

L’agence met en avant un facteur clé : la difficulté croissante du Sénégal à refinancer sa dette publique, dans un contexte international devenu plus contraignant.

Elle souligne notamment :
•  la détérioration des conditions de financement mondiales,
•  le niveau élevé de la dette publique,
•  et surtout le manque de progrès dans l’obtention d’un soutien multilatéral significatif.

Sans accès à des financements concessionnels (moins coûteux), les autorités sénégalaises se retrouvent sous pression, avec des marges de manœuvre budgétaires de plus en plus limitées.

Une situation qui pourrait empirer

Le scénario reste préoccupant. S&P Global Ratings n’exclut pas une nouvelle dégradation si :
•  les pressions liées au refinancement s’intensifient,
•  ou si les performances budgétaires se détériorent davantage, entraînant une hausse des besoins d’emprunt.

Autrement dit, le Sénégal reste exposé à une spirale négative si aucun ajustement rapide n’est opéré.

L’Etat sénégalais « quasi officiellement au bord de la faillite »

« L’État du Sénégal (Ndlr: dirigé par le tandem Bassirou Diomaye Faye (Président) et Ousmane Sonko (Premier ministre), traverse sans conteste la crise la plus aiguë de son existence. Ni en 1962, pas plus qu’en 1968, en 1988 ou en 2021, le Sénégal n’aura présenté un spectacle aussi désolant que celui auquel nous assistons« , avait averti dans un communiqué le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), une coalition qui a pour objectif de contester les politiques du parti au pouvoir (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité, PASTEF).

“L’échec de la gouvernance de PASTEF, incapable de transformer le Sénégal comme promis, ni même de préserver les acquis, constitue le principal facteur explicatif de cette situation d’une gravité exceptionnelle. Un échec qui se manifeste tant sur le plan économique qu’institutionnel. Sur le plan économique, le Sénégal est devenu, en l’espace de vingt mois de gouvernance de PASTEF, un des pays les plus endettés d’Afrique, désormais transformé en proie facile pour les fonds vautours« , estime le FDR.

« Notre État est ainsi et quasi officiellement au bord de la faillite, en raison de l’amateurisme et du populisme de ses dirigeants. Les Sénégalais, plus particulièrement les plus démunis, souffrent dans leur chair, des entraves à l’économie, de la prolifération de taxes en tous genres, de l’incapacité croissante de l’État à s’acquitter de ses obligations internes et engagements avec les travailleurs, notamment du règlement des créances dues au secteur privé national, du paiement des bourses estudiantines, des allocations de sécurité familiale, d’une bonne organisation de la commercialisation de l’arachide et de la campagne horticole, etc. », relève le FDR.

Face à la « catastrophe » annoncée, le FDR appelle à « un sursaut national de toutes les forces vives du pays« . « Il est plus que temps de se lever et de s’unir, pour mettre un frein à ces dérives qui conduisent aujourd’hui notre pays vers une situation absolument périlleuse« , exhorte-t-il.

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