Solidarité internationale, cap au sud


Le philosophe français Edgar Morin explique que la solidarité internationale est fondamentale pour  l’avenir de la Terre et de l’Humanité tout en alertant de la complexité du problème, de la nécessité de trouver des solutions comme une urgence mondiale.

Il proclame par ailleurs qu’une méthode interdisciplinaire est essentielle pour obtenir des résultats de base, avec des solutions non seulement scientifiques mais principalement politiques.

Mises à part les grandes institutions telles que l’ONU et ses agences, la Banque mondiale, le FMI, ou encore les grandes ONG (Croix rouge internationale, Oxfam, Médecins du monde, etc.), la solidarité internationale s’est développée dans le monde des collectivités et acteurs régionaux et au niveau interétatique.

Souvent, celui-ci est la résultante de relations de coopération historiques et anciennes des pays concernés, puisqu’au-delà de l’aspect humanitaire de ladite solidarité, elle est surtout révélatrice d’intérêts économiques et par ricochet politiques, au niveau des États qui s’y inscrivent.

Au niveau de nous autres citoyens du monde du sud, cette solidarité entre pays émergents se pratique au sein d’un concept assez récent, qui est celui de la coopération sud-sud qui commença à émerger post-seconde guerre mondiale.

Dans le contexte de la Guerre froide, tout en cherchant des alternatives à la dichotomie du monde d’alors, les États du Sud travaillèrent à renforcer leur pouvoir de négociation diplomatique et internationale.

Une dynamique couronnée par la première Conférence sur la coopération technique entre pays en développement sous l’égide de l’ONU où a été adopté le Plan d’action de Buenos Aires pour la promotion et la mise en œuvre de la coopération technique entre pays en développement (PABA).

La seconde conférence a eu lieu en mars 2019, également en Argentine, qui a constaté que la coopération Sud-Sud concourt à l’application du Programme 2030 et à la réalisation de ses objectifs de développement durable (économique, social et environnemental).

Nous voyons que la solidarité interétatique s’exerce globalement dans un cadre international, résultat d’une histoire de relations internationales et dont la finalité est la création de systèmes de collaboration et de mécanismes de financement nationaux, interrégionaux et mondiaux.

Le royaume chérifien, bien avant son retour historique à l’Union Africaine en 2017, s’est attelé depuis l’accession au Trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à concrétiser la coopération avec les pays africains.

Celle-ci a d’abord débuté avec une stratégie économique offensive, et une implantation de plus en plus marquée notamment dans des secteurs où le Maroc est compétitif et dispose de savoir-faire éprouvés, entre autres le système bancaire, les assurances, les télécoms, les BTP, etc.

En parallèle, des collaborations sur le long-terme sous forme d’échanges entre instituts de veille et entre associations ainsi qu’une solidarité effective lors des catastrophes naturelles et des événements majeurs comme Ebola ou le Covid19, dessinent les contours d’un réel leadership continental.

Les amitiés diplomatiques sont un euphémisme quand on raisonne en termes de géopolitique, puisqu’elles veulent simplement exprimer des intérêts nationaux qui convergent ; et une stratégie probante consiste à construire cette convergence.

La vision royale en ce sens affermit les intérêts de notre pays avec une implantation long-termiste, nous plaçant ainsi en pôle position sur l’échiquier continental à l’heure où parfois les pétrodollars font office de diplomatie à court-terme.


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