L’ESPAGNE FERME LE ROBINET DU GAZ ALGÉRIEN… LORGNE LE GAZ BEAUCOUP MOINS CHER DES ÉTATS-UNIS ET DE LA RUSSIE

L’Espagne va-t-elle finalement se passer du gaz algérien, souvent utilisé par le régime vert-kaki comme instrument de chantage envers le voisin ibérique sur le dossier du Sahara occidental marocain? Madrid n’est certes pas arrivée à ce stade de la rupture, il n’en demeure pas moins qu’elle a franchi des pas importants dans ce sens.

«Les importations en provenance d’Algérie, principal fournisseur d’Espagne depuis des décennies, ont enregistré leur niveau le plus bas de la série historique», rapporte le quotidien espagnol «El Confidencial», sur la base d’un nouveau rapport de la société espagnole chargée de la gestion des réserves espagnoles en hydrocarbures, Cores.

Notant que l’Algérie était le principal fournisseur d’Espagne en gaz durant les trois dernières décennies, la même source relève que ce monopole est désormais cassé par l’entrée en scène de deux nouveaux producteurs de gaz et pas des moindres, en l’occurence les États-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie.

Rappelez-vous: le 14 avril 2020, le Collimateur rapportait, sur la base des nouvelles statistiques de la société Cores, que les États-Unis ont couvert pas moins de  27% des importations espagnoles de gaz naturel durant le mois de février 2020, détrônant ainsi pour la première fois l’Algérie qui couvrait 22,6% du total des besoins espagnols.

Désormais, non seulement les Américains mais aussi les Russes fournissent l’Espagne en grandes quantités de gaz lui permettant ainsi de réduire substantiellement ses importations de gaz algérien via son gazoduc Medgaz ou celui qui relie l’Algérie à l’Espagne, via le Maroc.

« Les États-Unis et la Russie ont amené plus de GNL en Espagne via des cargos qu’à travers l’infrastructure gazière de Medgaz ou le gazoduc du Maghreb qui arrive via le Maroc», constate Cores, qui explique ce changement de cap par la chute substantielle que connassent les cours des hydrocarbures, notamment le gaz naturel. «Malgré le fait que la baisse des cours de pétrole soit très connue, le plongeon des prix du gaz est encore plus important.

« Le prix du gaz est de moins en moins corrélé avec celui du pétrole brut et sa chute est de plus en plus prononcée», affirme Cores.

Et d’ajouter: « À l’heure actuelle, de nombreux opérateurs préfèrent rompre leurs engagements et aller sur le marché » au comptant « du gaz, où les prix sont au minimum, au point qu’il est moins cher d’apporter du gaz comme celui-ci, malgré le paiement des pénalités pour les contrats signés précédemment», note la même source.

Cette nouvelle donne géopolitique vient compliquer davantage la situation en Algérie, qui va devoir recourir à l’endettement extérieur pour la première fois depuis 1991.