TRIBUNE DE MEROUAN MEKOUAR DANS LE QUOTIDIEN FRANÇAIS LIBÉRATION:  QUAND LA MAUVAISE FOI ÉTOUFFE LA SÉRÉNITÉ DU JUGEMENT !!

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Merouan Mekouar est spécialiste en sciences politiques, enseignant en sciences sociales à York Université Toronto au Canada. Il a publié hier une violente tribune, dans le quotidien français Libération du 4 mai 2020, intitulée «La crise sanitaire au service de l’autoritarisme».

 S/t  Une tribune déchaînée et emportée

Dans la gestion de la crise sanitaire au Maroc, Marouan Mekouar n’a trouvé  – dans les motivations de l’Etat… des pouvoirs publics… de la société civile… des élites économiques… – aucune trace ou lien avec le  sens de la responsabilité historique, le sens du devoir ou celui de la solidarité sociale.

Ni même une once d’humanité, d’humanisme, d’altruisme, de bienveillance, de générosité ou de compassion…Rien de tout cela!

Pour lui, «Les élites» se sont toutes rangées unanimement derrière les directives de l’Etat pour, dit-il, «garantir la survie du système» et non pas pour préserver la santé publique !

Il n’a pas évoqué la discipline librement consentie et acceptée de l’écrasante majorité de la population (élites ou pas élites !) pour contrer la menace virale!

Comme 4 milliards d’humains, les Marocains ont compris où se trouvait leur intérêt. On ne réfléchit pas à deux fois pour rester confiné chez soi,  limiter les déplacements ou faire preuve de solidarité avec les démunis.

On se demande quel État au monde ne s’est pas mobilisé, face à la pandémie, pour protéger les populations et la pérennité de ses structures socio-économiques? De la Chine à l’Inde en passant par la Corée du Sud, la Grèce ou la France ?

Dans un argumentaire dissimulant  un grand dépit, il a tout traité par la dérision. S’il cite en détails les mesures… c’est pour les dénaturer et les vider de leur substance: les aides financières aux employés affectés par la crise… celles données aux travailleurs de l’informel… les donations pour le fonds anti-Covid… l’état d’urgence sanitaire… le couvre-feu… la production des masques… la stérilisation des espaces publics et des moyens de transport collectifs… la prise en charge des sans-abris… l’approvisionnement continu en denrées alimentaires… la stabilité des prix… les campagnes de communication… les hôtels transformés en foyers médicaux… les agents pénitentiaires raccompagnant les prisonniers à leur domicile… les médecins et les policiers en uniforme applaudissant des patients guéris…

Même le chiffre très réduit des 167 décès, cumulés au 27 avril, a été enrobé dans une formulation insidieuse.

S/t Une théorie brumeuse sur l’extraction des taxes et impôts

Il a présenté la gestion de la crise sanitaire sous le mode de la suspicion. Selon Marouan Mekouar, il ne s’agit pas «d’offrir des conditions dignes à la population mais simplement de préserver un degré de subsistance minimal pour permettre aux institutions extractives de l’Etat de continuer à fonctionner».

Pour sa démonstration, il a déterré et très mal interprété une «théorie obscure» d’un économiste américain Mancur Olson ( 1932-1998). Sa vision est que tout État investirait dans la bonne santé et  l’éducation,… afin de créer les conditions afin de maximiser l’extraction des ressources à travers les taxes et les impôts.

Il semble que Marouan Mekouar voulait à tout prix “plaquer” sa théorie fétiche sur le Maroc ! Il en a fait une caricature. Dire que les Etats soignent les gens pour que demeure «la nature extractive du rapport» est d’un simplisme stupéfiant.

Mais, quel pays organisé n’a-t-il pas un système fiscal pour collecter impôts et taxes afin d’assurer le fonctionnement des services publics et les fonctions régaliennes ?

Tout cela rappelle aussi, quelque part, ces débats candides et interminables chez les étudiants de Fac, débutants en économie et qui se chamaillent sur «la reproduction de la force de travail» !!

S/t Le recours maladroit à un débat franco français

Marouan Mekouar a montré la faiblesse de sa démonstration lorsqu’il a mobilisé une argutie contre le Maroc, en s’appuyant sur un débat franco-français, qui ne nous concerne en rien.

Il écrit quasiment indigné: «Alors même que les grands groupes de recherche mettaient en garde contre l’utilisation précipitée de l’hydroxychloroquine, les autorités sanitaires ont décidé de l’utiliser comme protocole de base dès le 23 mars.»

Comme défenseur de «Big Pharma», difficile de trouver mieux!!

De nombreux observateurs marocains ont noté que certains milieux français ont été agacés par les choix du Maroc concernant ce traitement médical. Il fallait bien s’attendre à ce genre de “piques”. Mekouar en a été le relais dans cette tribune dans Libération.

Le Maroc a fait preuve de Souveraineté en étant le premier à choisir ce protocole  médical… selon aussi les conclusions de ses propres médecins… et utilisé avec succès partout dans le monde.

S/t: La crise sanitaire comme opportunité

Marouan Mekouar refuse de considérer cette pandémie comme un évènement historique majeur… qui va effectivement bouleverser – dans tous les pays organisés et responsables – les anciens réflexes et modes de développement périmés.

Fidèle à ses clichés et stéréotypes, sur son pays d’origine, il s’agrippe à ses anciens schémas désormais caducs. Comme si le Maroc n’était pas une collectivité vivante et dynamique, avec ses réussites et aussi ses insuffisances, mais dûment identifiées.

De nouveaux paradigmes sont en train d’émerger et le Maroc est concerné. Il avait déjà commencé à y réfléchir.

Toutes les mesures médicales, sociales, économiques, financières,… prises lors de cette crise sanitaire montrent que le Maroc a compris que le moment est propice pour faire évoluer les choses dans le bon sens. Responsabiliser les populations… combattre les pesanteurs… mobiliser les énergies et les ressources… imaginer de nouveaux process de développement.

Si l’auteur de la tribune ne voit dans tous ces efforts qu’un stratagème pour continuer à «extraire les taxes», sa vision relève certainement de la rigidité dogmatique.