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Le PPS : entre survie politique et illusion d’influence

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

 

 

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

À l’approche des prochaines échéances électorales, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) tente d’occuper l’espace médiatique avec un discours social offensif. Mais derrière les communiqués bien calibrés et les sorties critiques de son secrétaire général, Nabil Benabdallah, une question s’impose : le PPS est-il encore un acteur central du jeu politique ou simplement un parti en quête de survie ?

Une gauche institutionnelle en perte de vitesse.

Longtemps présenté comme une formation disciplinée, idéologiquement structurée et capable de compromis, le PPS a surtout démontré, ces dernières années, une capacité d’adaptation… parfois jusqu’à l’effacement.

Sa participation aux gouvernements dirigés par le Parti de la justice et du développement (PJD), sous Abdelilah Benkirane puis Saadeddine El Othmani, lui a offert des portefeuilles ministériels, mais au prix d’une dilution progressive de son identité politique.

Lorsque le PPS a quitté la majorité en 2019, il a tenté de se repositionner dans l’opposition. Mais ce retour tardif à la “pureté idéologique” a surtout donné l’impression d’un parti naviguant à vue, oscillant entre participation gouvernementale et posture critique.

Une direction stable… mais un plafond électoral bas.

Certes, le PPS ne connaît pas l’hémorragie interne d’autres formations de gauche comme l’USFP. Il affiche une stabilité organisationnelle. Mais cette stabilité ressemble davantage à une gestion prudente du déclin qu’à une dynamique de reconquête.

Son poids électoral reste limité. Son ancrage territorial est circonscrit à quelques bastions. Son audience auprès des jeunes générations demeure faible. Dans un paysage dominé par des machines électorales puissantes comme le Rassemblement national des indépendants (RNI) ou le Parti authenticité et modernité (PAM), le PPS apparaît comme une formation d’appoint, utile dans les équilibres parlementaires, mais rarement décisive.

Une rhétorique sociale sans traduction populaire.

Le parti multiplie les critiques sur le pouvoir d’achat, les inégalités sociales, la santé publique ou l’éducation. Sur le papier, le discours est cohérent. Mais dans la réalité électorale marocaine, la cohérence idéologique ne suffit pas.

Le PPS peine à transformer ses prises de position en mobilisation populaire. Le fossé entre discours national et implantation locale reste béant.

Le risque majeur : l’insignifiance politique.

Le véritable danger pour le PPS n’est pas l’implosion interne. C’est l’insignifiance progressive.

Un parti qui critique sans peser.

Qui propose sans imposer.

Qui participe sans influencer réellement.

À quelques mois des élections, le PPS devra choisir : soit redevenir une force de proposition audacieuse, capable de rassembler la gauche autour d’un projet clair ; soit accepter son rôle de partenaire secondaire, convoité uniquement lorsque les majorités ont besoin de quelques sièges supplémentaires.

L’histoire politique ne récompense pas les formations qui se contentent d’exister. Elle consacre celles qui prennent des risques.

Le PPS est aujourd’hui face à ce dilemme.

 

 

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