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Un conflit structurel au Moyen-Orient : l’illusion de la fin, la réalité du chaos organisé

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Il y a, dans chaque nouvelle escalade au Moyen-Orient, une promesse implicite : celle d’un dénouement. Une illusion soigneusement entretenue par les communiqués officiels, les sommets diplomatiques et les déclarations martiales. Pourtant, à mesure que les crises s’enchaînent, une vérité s’impose : ce conflit ne tend pas vers sa fin, mais vers sa transformation permanente.

Ce que révèle l’analyse de l’ancien espion, Alain Juillet, ne décrit pas un tournant, mais une continuité aggravée. Le Moyen-Orient n’est plus le théâtre d’une guerre identifiable ; il est devenu un système conflictuel tentaculaire, où chaque front en alimente un autre, et où chaque accalmie prépare en réalité la prochaine déflagration.

Un conflit sans centre, sans périphérie.

L’erreur classique consiste à chercher un « cœur » au conflit : Gaza, le Liban, l’Iran, ou encore la question palestinienne. En réalité, il n’y a plus de centre. Il n’y a qu’un enchevêtrement inextricable :

● Conflits directs et indirects
● Guerres par procuration
● Rivalités idéologiques, religieuses et stratégiques

Dans cet échiquier fragmenté, chaque acteur est à la fois protagoniste et relais. La guerre n’est plus une simple confrontation : elle est devenue un langage.

La paix contre les intérêts.

La question n’est donc plus : « Pourquoi la paix tarde-t-elle ? » Mais bien : « À qui profiterait réellement la paix ? »
Car derrière les lignes de front :

● Certains régimes consolident leur légitimité par la menace extérieure.
● Les puissances internationales maintiennent leurs zones d’influence.
● Une économie de guerre prospère dans l’ombre des crises.

Dans ce contexte, la stabilité totale devient une anomalie stratégique. Le chaos, lui, est fonctionnel. C’est ce mécanisme que l’invité de « Le Samedi Politique » (LSP) démonte : l’« erreur fatale » des États-Unis et d’Israël ne serait pas tactique, mais systémique : avoir confondu une guerre d’usure avec un conflit à résoudre.

Un équilibre dans le déséquilibre.

Le paradoxe est là :
Le Moyen-Orient ne sombre pas totalement — il ne se stabilise pas non plus.
Il oscille dans un entre-deux dangereux :

● Escalades maîtrisées.
● Guerres limitées mais répétées.
● Lignes rouges sans cesse redessinées.

C’est un équilibre négatif, où l’absence de guerre totale tient lieu de paix, et où la paix véritable devient presque inconcevable. Comme le souligne une analyse récente, la conflictualité moyen-orientale ne relève pas d’un dysfonctionnement passager, mais d’une logique systémique où l’instabilité participe à la régulation des équilibres de puissance.

La fin n’aura pas lieu.

Parler d’un « arrêt définitif » relève désormais du mythe. Non pas par fatalisme, mais par lucidité stratégique.
Ce que nous observons :

● Ce n’est pas la fin d’un conflit.
● C’est la normalisation du conflit.

Le Moyen-Orient entre dans une ère où la guerre ne se gagne plus, elle se régule. L’invité de LSP, Alain Juillet, ne montre donc pas une sortie de crise : il met en lumière une vérité plus dérangeante.

Conclusion.

Le conflit est devenu une structure. Et tant que cette structure servira des intérêts multiples, la paix restera un horizon invoqué… mais jamais atteint.

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