
544 personnes ont perdu la vie et les corps s’accumulent devant les morgues depuis le début des protestations contre le régime iranien qui mène une répression sanglante, alerte HRANA, l’ONG qui défend les droits humains en Iran. HRANA ajoute que plus de 10.681 personnes ont également été transférées dans des prisons après leur arrestation.
Le mouvement, initialement déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants devant la cherté de la vie et la dépréciation de la monnaie, a gagné de nombreuses autres villes et pris de l’ampleur ces derniers jours. Des manifestations ont eu lieu dans 585 endroits partout Iran, selon HRANA.
Si les autorités disent comprendre les revendications économiques des manifestants, elles fustigent désormais de plus en plus des « émeutiers » instrumentalisés selon elles par l’étranger, les Etats-Unis et Israël en tête.
Ahmadreza Radan, chef de la police de la République islamique, à propos des manifestations en Iran (7 janvier 2026) :
« Nous jurons de traquer les émeutiers, jusqu’au tout dernier.
Nous poursuivrons chaque personne impliquée, jusqu’à la dernière. » pic.twitter.com/sagwf6RaxG— Anton Struve (@AntonStruve) January 11, 2026
Ils ne devraient pas être autorisés à semer le trouble dans la société, a averti dans une interview diffusée par la télévision d’Etat Irib, le président Massoud Pezeshkian. Il a dans le même temps appelé la jeunesse à ne pas se laisser « tromper » par des « terroristes ».
Le chef de la police avait annoncé plus tôt « d’importantes arrestations contre les principaux éléments impliqués dans les émeutes ».
Hôpitaux débordés, boutiques fermées
Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l’est du pays.
Dans d’autres vidéos, qui n’ont pas pu être authentifiées par l’AFP à ce stade, on voit des familles qui semblent identifier dans une morgue de Téhéran les corps de proches tués dans les manifestations.
L’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, a dit avoir confirmé, depuis le début des manifestations, « la mort d’au moins 192 manifestants », soit plus du double de chiffre de 51 morts donné vendredi.
Elle a averti que le bilan pourrait être bien plus élevé vu le peu d’informations filtrant de la situation dans le pays et en raison de la coupure d’internet, depuis maintenant plus de 60 heures, qui rend quasi impossible toute communication avec le monde extérieur.
« Un massacre est en cours en Iran. Le monde doit agir maintenant pour empêcher de nouvelles pertes humaines », a averti le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, qui dit avoir reçu des « témoignages directs et des rapports crédibles » sur la mort de centaines de manifestants ces derniers jours.
Lignes téléphoniques coupées
Les écoles sont fermées et l’enseignement se fait désormais à distance mais sans internet, il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l’absence de réseau rend toute activité difficile tandis que les rideaux de nombreuses boutiques sont fermés.
Samedi soir, les lignes de téléphonie mobile ont également été coupées. Selon des habitants de Téhéran, lors de la dernière grande vague de manifestations en 2022-2023, elles continuaient de fonctionner et le niveau de perturbation de la vie quotidienne n’avait rien à voir avec la situation actuelle.
Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a appelé à de nouvelles actions plus tard dimanche.
« N’abandonnez pas les rues. Mon coeur est avec vous. Je sais que je serai bientôt à vos côtés », a-t-il lancé.
Cette mobilisation survient dans un pays affaibli par une guerre avec Israël en juin et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire rétablies en septembre par l’ONU.
Israël a affiché dimanche son soutien à « la lutte du peuple iranien pour la liberté ».
Son Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit espérer que l’Iran « serait bientôt délivré du joug de la tyrannie », tandis qu’un haut responsable militaire affirmait que l’armée serait « en mesure de répondre avec force si nécessaire ».
Agence France-Presse



