Discussion du Programme gouvernemental, entre soutien et surenchère…

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Pour son baptême de feu au Parlement, à l’occasion de la discussion du programme gouvernemental (PG), la secrétaire générale du PSU et non moins sa députée a eu droit, ce mercredi sous la coupole, à un accueil digne d’une star.

En effet, pour sa première montée au pupitre parlementaire, nombreux étaient les cliquetis des appareils photo qui ont immortalisé le moment !

Sur le fond, c’est sans surprise que Nabila Mounib a donné un ton plutôt politique à son intervention. En indiquant qu’il s’agit d’un « moment de responsabilité », elle  n’a pas manqué de puiser dans l’encrier qui est le sien. Notamment, sur la démocratie, les droits, les réformes, etc. Mais, on retiendra sa petite phrase: « Il ne faut pas tuer la politique sur l’autel d’une écrasante majorité ». Suivez son regard !

Quant aux autres intervenants, qui ont défilé entre 10 heures et 13h 20, ils ont valsé entre le soutien des partis de la majorité, qui peuvent compter sur le Groupe Constitutionnel dont les propos étaient très tendres, et les surenchères des formations de l’opposition. Ces dernières, tout dans leur rôle, ont estimé que la déclaration sur la politique générale ne serait qu’un chapelet de vœux pieux qui, à leurs yeux, manquerait de précisions et des modes opératoires pour sa mise en œuvre. De même qu’ils se sont interrogés sur les moyens de financement des  ambitions affichées.

Fixations…

Sur ce même front, les interventions de l’USFP et du PJD installent dès à présent la trame de ce que seraient leurs discours d’opposition.

La Rose avance dans l’habit victimaire en parlant, fidèle à la position développée par son premier secrétaire, de ce que le parti considère comme un « hégémonisme » du trio de la majorité. Pour l’évaluation du PG, l’on peut la résumer en peu de mots: « La déclaration n’est pas au niveau des défis du moment « . Une formulation, bien que légitime, pèche par son « côté creux », d’autant qu’elle relève de la « redite ».

Et de redite, justement, la palme devrait revenir au parti de la Lampe.

Abdellah Bouanou n’a pas trouvé mieux que de se référer au communiqué du 9 septembre de son parti. On n’était plus dans la discussion mais dans un effort de quête de légitimité sur laquelle les urnes ont rendu leur verdict. Et comme il fallait s’y attendre, l’intervenant a bifurqué sur le quotient électoral qui, visiblement, relève d’un problème d’indigestion.

Par ailleurs, une bonne partie de l’intervention de Bouanou a tourné autour de la vie interne de sa formation.

Vue d’en haut !

Maintenant, à écouter les nouvelles-vieilles prises de positions de certains politiciens, l’on est vite pris par l’idée de parler d’un certain écartèlement quant à l’appréhension même qu’ils se font de l’action politique en ce qu’elle est censée être un levier, ou tout au moins, un instrument pour agir sur le quotidien des membres de la communauté. Or, ce n’est  certainement pas en étant tentés de jeter le discrédit sur tout un processus électoral qu’on pourrait prétendre être un acteur agissant sur ce même quotidien ! Plus, l’on toucherait même les rivages de parler de certaines formes latentes de distorsion tout aussi latente.

Ceci dit, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, qui prenait note de tout ce qui se disait, est attendu pour répondre aux interventions des groupes et groupements parlementaires. Rendez-vous est pris pour 19 heures.