ACTUALITÉLégislatives 2026. Tous au vote!

Benkirane et la stratégie de “fracas”

Dimanche 4 octobre, le leader du Parti justice et développement, Abdelilah Benkirane, a suscité un nouveau tollé en critiquant vivement son prédécesseur Saâd-Eddine el Othmani, dans la foulée d’une cérémonie de “remerciement et de gratitude” (حفل شكر وعرفان) organisée par la section provinciale du parti à Nouaceur, à la suite des élections législatives de septembre 2026. “Reste chez toi!”, “retourne à tes anciennes activités” (Ndlr: El Othmani est psychiatre de carrière), et “ne te mêle plus des affaires du parti”… Ces paroles inappropriées, agressives voire injurieuses, passent mal, y compris parmi les caciques du parti islamiste (voir ci-dessous le post de Mohamed Yatim).

Quelle mouche a donc piqué Benkirane pour s’en prendre vertement à son “frère” El Othmani? Lequel n’a pas attendu l’”injonction” de Benkirane pour reprendre du service Rue Amman, quartier Hassan, à Rabat, où il a un cabinet de consultations. 

Paraît-il, il y a grave. Or, rien. A part cette signature de l’accord de “normalisation” avec Israël du temps où El Othmani était chef de gouvernement (2017 – 2021), précisément le 22 décembre 2020 à Rabat. Benkirane lui-même ne pouvait faire autrement, s’il était à la place d’El Othmani. La décision est souveraine et relève des prérogatives exclusives du Chef de l’Etat, et nullement du chef de gouvernement. On peut être un nul en droit constitutionnel et ne pas faire l’amalgame entre les intérêts supérieurs de la Nation, dont le Roi est le garant, et les calculs partisans étriqués, du reste éphémères et périssables. 

Mais El Othmani n’est pas le seul à prêter le flanc aux “terrassements” du bulldozer Benkirane. Depuis le retour de ce dernier à la tête du parti le 27 avril 2025, il cherche à polariser le débat public. Mais ses attaques ont gagné en férocité et en nombre, tant et si bien que personne ou presque sur la scène politique n’est à l’abri de ses imprécations.

Derrière cette agressivité, il y a un arrière-goût de « revanche ». En fait, Benkirane n’a toujours pas digéré son éviction de la primature le 15 mars 2017, à la suite du blocage politique né au lendemain des législatives d’octobre 2016. Mais est-ce un prétexte pour sévir contre tous ? 

Une chose reste sûre: la stratégie de « fracas » de Benkirane a des limites. 

Faut pas pousser…. 

 

 

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Soyez le premier à lire nos articles en activant les notifications ! Activer Non Merci