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Israël, Liban, pétrole – Le nouveau triangle de tension

Par : Mohamed KHOUKHCHANI

Par : Mohamed KHOUKHCHANI

Les jeux d’ombres et les équilibres fragiles d’une guerre régionale.

Introduction :

Pendant que les projecteurs sont braqués sur les missiles iraniens et les navires américains dans le Golfe, une guerre parallèle, tout aussi féroce, se déroule dans les coulisses diplomatiques et sur les fronts secondaires. Le conflit d’Ormuz n’est plus une simple confrontation bilatérale ; il est devenu une arène où se croisent les peurs existentielles d’Israël, les ambitions iraniennes, l’embarras européen, la patience russe et les calculs chinois.

1. Israël : le silencieux qui tient les ficelles.

Contrairement aux cycles précédents, Israël adopte un silence stratégique bruyant. Il se cache derrière l’escalade américaine pour éviter le feu des missiles iraniens, qui ciblent aujourd’hui prioritairement les bases américaines. Mais en parallèle, il active la carte libanaise : ses frappes contre le Hezbollah ne visent pas seulement à repousser la menace, mais à forcer l’Iran à ouvrir un front nord, et surtout à torpiller tout accord américano-iranien qui ne prévoirait pas le démantèlement de l’arsenal du Hezbollah. Israël ne veut pas être le premier à entrer en guerre, mais il exige d’être le dernier à signer la paix.

2. L’Europe, la Russie et la Chine : des jeux d’influences contradictoires.

Pour l’Europe, chaque missile qui secoue le détroit se traduit par une flambée des prix du pétrole et une nouvelle vague d’inflation, plaçant les Européens en porte-à-faux avec Washington. La Chine, premier importateur mondial de pétrole, voit ses approvisionnements menacés, et son dilemme s’accroît : protéger ses intérêts sans s’engager militairement. Quant à la Russie, elle voit dans cette confrontation une opportunité inespérée pour diluer l’attention et les ressources américaines déjà éprouvées par le conflit ukrainien.

Conclusion :

Ce qui se joue à Ormuz dépasse largement le cadre d’une guerre régionale. C’est l’annonce de la fin d’une époque où les États-Unis étaient le seul garant de la sécurité énergétique mondiale. De nouvelles alliances se tissent, d’anciennes se défont, et la question centrale demeure : le monde est-il prêt à payer le prix d’un blocus prolongé de l’artère vitale du commerce global, ou les acteurs trouveront- ils le chemin d’une table de négociation fondamentalement différente de celle d’avant-guerre ?

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