
Par : Mohamed KHOUKHCHANI

La finale du dimanche 19 juillet a tenu toutes ses promesses côté suspense. Espagne et Argentine se sont neutralisées pendant 90 minutes, avant que Ferran Torres ne libère la Roja à la 106e minute en prolongation, sur un centre de Porro et une remise de Nico Williams. L’Argentine a eu ses occasions en fin de match — un sauvetage de Cubarsi, une frappe non cadrée de Simeone — mais n’a jamais su forcer la décision. Score final : 1-0.
Avec ce succès, l’Espagne décroche sa deuxième étoile, seize ans après 2010, et confirme le statut de génération dorée entamé par le triplé Euro 2008 – Mondial 2010 – Euro 2012. L’Albiceleste, elle, échoue dans sa tentative de conserver le titre : seuls l’Italie (1934-1938) et le Brésil (1958-1962) ont réussi ce doublé dans l’histoire.
Les images qui ont marqué l’édition 2026.
Cette Coupe du monde aura aussi été marquée par des scènes hors du terrain, à commencer par la présence très remarquée du président américain Donald Trump. Pour son unique match du tournoi, il a été accueilli par un déluge de sifflets dès son entrée sur la pelouse du MetLife Stadium. Un moment de tension qui a culminé lors de la cérémonie de remise du trophée : alors qu’il s’attardait sur le podium pour la photo officielle, le chef de la FIFA a dû lui faire signe de quitter les projecteurs. Un geste que certains ont interprété comme une tentative de s’approprier la victoire espagnole.
Mais la polémique la plus vive de ce Mondial 2026 restera sans doute l’ingérence présidentielle dans une décision arbitrale. Après l’expulsion de l’attaquant américain Folarin Balogun lors des seizièmes de finale, Donald Trump a personnellement appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour demander un réexamen du carton rouge. Une intervention sans précédent qui a abouti à l’annulation de la suspension du joueur, lui permettant de disputer le huitième de finale contre la Belgique. Une décision qualifiée d' »inédite » par l’UEFA et qui a suscité la stupéfaction de la fédération belge, jetant une ombre sur l’intégrité sportive de la compétition.
Au-delà de ces épisodes contrastés, le tournoi a offert son lot d’images fortes. On retiendra l’émotion de Lionel Messi, dont la dernière Coupe du monde s’achève sans nouvelle consécration, et le geste de Lamine Yamal venant enlacer son idole après le coup de sifflet final. Ou encore la folle séance de tirs au but (3-2) remportée par le Maroc face aux Pays-Bas, qui a confirmé la résilience des Lions de l’Atlas.
Le tournant du parcours espagnol : la démonstration face aux Bleus.
La demi-finale contre la France, le 14 juillet à Arlington, a sans doute été le vrai match référence de l’Espagne. Invaincus depuis le début du tournoi, les Bleus de Deschamps ont été dominés dans tous les compartiments (0-2, buts d’Oyarzabal et Porro), Mbappé et ses coéquipiers ne trouvant jamais la faille face à une défense verrouillée et un Unai Simón intraitable. Cette victoire a validé le statut de meilleure défense du tournoi pour la Roja, et lancé sa dynamique jusqu’au sacre final.
Le Maroc, fierté du continent.
Les Lions de l’Atlas ont de nouveau fait vibrer l’Afrique, en sortant les Pays-Bas dès les seizièmes de finale (1-1 après prolongation, 3-2 aux tirs au but), portés par un but tardif d’Issa Diop et la solidité de Bono dans les buts. Contrairement à Qatar 2022 où le parcours face à Belgique, Espagne et Portugal les avait menés jusqu’aux demi-finales, cette édition 2026 s’est arrêtée plus tôt, mais l’exploit contre des Oranje solides confirme que le Maroc reste une valeur sûre du football mondial et une source de fierté pour tout le continent africain.
En résumé.
Cette Coupe du monde confirme la Roja comme la meilleure sélection du moment — un collectif jeune (Yamal, Cubarsí), expérimenté (Laporte, Rodri) et redoutablement efficace dans les grands rendez-vous. Pour l’Argentine, la page Messi tourne sans nouvelle consécration mondiale. Et pour l’Afrique, le Maroc continue de prouver, match après match, que son statut de grande nation du foot n’est plus à démontrer.
Crédit photo: Reuters



