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Le Maroc, acteur stratégique en Afrique : une vision royale au service de la coopération Sud-Sud

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Sur la scène diplomatique africaine, le Maroc s’impose aujourd’hui comme un partenaire incontournable. Sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume a fait le choix stratégique, cohérent et irréversible de son ancrage au continent africain et à la coopération Sud-Sud. Ce n’est pas un slogan, mais une doctrine qui préfère le partenariat à l’assistanat et qui érige le partenariat économique en véritable levier de souveraineté.

Une doctrine Royale claire et constante

“Ma vision de la coopération Sud-Sud est claire et constante : mon pays partage ce qu’il a, sans ostentation.” Ces mots prononcés par le Souverain lors du 28e Sommet de l’Union africaine en 2017 résument la philosophie qui guide l’action diplomatique du Maroc. Une philosophie qui se traduit aujourd’hui par des réalisations tangibles et des initiatives structurantes à l’échelle continentale.

Le bilan est éloquent : depuis 1999, le Royaume a conclu plus de 1.607 accords de coopération, dont de nombreux ont été signés lors des 52 Visites Royales sur le continent. Dans le domaine de la formation, près de 19.400 étudiants africains sont actuellement boursiers au Maroc, et le Royaume a formé plus de 40.220 lauréats originaires des pays membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP).

Des initiatives transformantes pour l’intégration régionale.

L’engagement marocain se concrétise à travers des projets d’envergure continentale. Le Gazoduc Atlantique Nigéria-Maroc, véritable “artère vitale reliant treize pays africains de l’Ouest au Nord”, incarne cette vision transformatrice. Ce projet crée un espace de prospérité partagée et illustre la capacité du Maroc à fédérer les énergies autour d’infrastructures structurantes.

L’Initiative Royale pour l’accès des États du Sahel à l’océan Atlantique, saluée par l’Équateur lors des entretiens bilatéraux d’avril 2026 à Rabat, est une autre illustration de cette approche qui “transforme des contraintes géographiques en opportunités économiques”. Ces initiatives réaffirment que le développement de l’Afrique se construit par l’interdépendance et non par l’isolement.

Une diplomatie agricole au service de la souveraineté alimentaire.

En marge du 18e Salon international de l’agriculture (SIAM 2026), le Maroc a consolidé sa “diplomatie agricole”, axe stratégique de la coopération Sud-Sud. Des échanges nourris avec le Mali, la Côte d’Ivoire, Sao Tomé-et-Principe et l’Ouganda ont démontré une convergence croissante autour des priorités communes : sécurité alimentaire, développement de l’élevage, modernisation des chaînes de valeur agricoles et adaptation aux changements climatiques.

Le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, a réaffirmé la volonté du Royaume d’inscrire ces partenariats dans une logique de transformation concrète. En 2022 seulement, le Maroc a offert 200.000 tonnes de fertilisants aux pays africains et livré 364.000 tonnes à tarif préférentiel, illustrant ainsi la solidarité agissante qui caractérise la coopération marocaine.

Leadership reconnu et nouveaux horizons.

L’influence marocaine dépasse désormais les frontières africaines. Lors du 11e Sommet de l’OEACP à Malabo, où le Maroc était invité d’honneur, le chef de la diplomatie Nasser Bourita a appelé à faire de cette organisation “la voix collective qui défend un nouvel ordre économique plus sécurisé, une gouvernance climatique qui ne sacrifie pas le développement, et une paix fondée sur le respect mutuel”.

Le Commissaire de l’Union africaine aux affaires politiques, Bankole Adeoye, a salué le leadership marocain pour “l’édification d’une démocratie continentale solide, fondée sur des élections transparentes”. Il a également annoncé une prochaine collaboration avec le Policy Center for the New South (Maroc) pour examiner les enjeux de la digitalisation de la démocratie et de l’intelligence artificielle.

Les trois piliers d’une coopération renouvelée

Nasser Bourita a présenté les trois piliers de l’approche marocaine en matière de coopération Sud-Sud :

  1. La valorisation du potentiel endogène : miser sur les forces et ressources propres à chaque pays partenaire
  2. Le dépassement des approches uniformes au profit de partenariats sur mesure, adaptés aux besoins spécifiques
  3. La recherche de l’impact humain et de la durabilité : placer les populations au cœur des projets de coopération

Perspectives pour 2026 et au-delà

L’année 2026 s’annonce décisive pour asseoir davantage cette stratégie africaine. Le projet de budget du ministère des Affaires étrangères prévoit le renforcement du leadership du Royaume en Afrique, dans la continuité de la stratégie d’intégration continentale. Le Maroc entend continuer à développer une diplomatie de résultats, alignée sur le Nouveau modèle de développement (NMD) et sur la Vision Royale pour l’Afrique.

Comme l’a souligné le ministre Bourita : “Fidèle à l’engagement de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc est prêt à partager son expérience, à mobiliser son savoir-faire et à unir ses forces pour bâtir un monde multipolaire actif, où le Sud pèse de tout son poids démographique, économique et stratégique”.

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