
Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Au Théâtre Royal de Rabat, lors d’un moment culturel soigneusement mis en scène, l’apparition de la Princesse Lalla Khadija n’a rien d’anodin. Derrière la grâce et la retenue, se dessine déjà une écriture du futur.
Il y a des images qui dépassent leur instant. Celle de Lalla Khadija, avançant avec calme et assurance dans l’enceinte du Théâtre Royal de Rabat, appartient à cette catégorie rare où le geste devient message.
À première vue, le regard s’arrête sur l’évidence : une silhouette élégante, une tenue traditionnelle finement maîtrisée, une présence sans ostentation. Mais l’essentiel est ailleurs. Dans la posture. Dans cette économie du mouvement. Dans cette manière d’occuper l’espace sans jamais le dominer.
إطلالة ملكية راقية لاميرتنا #لالة_خديجة ب #القفطان_المغربي 🇲🇦👑🇲🇦 خلال افتتاح المسرح الملكي بالرباط pic.twitter.com/pt44e4ecWN
— Seloua Mouslim ⭐️⭐️ (@MouslimSeloua) April 22, 2026
Car ce qui se joue ici, c’est moins une apparition qu’une initiation publique. Dans une époque saturée de bruit et d’images instantanées, la retenue devient un langage politique. Et Lalla Khadija semble déjà en maîtriser les codes : ne pas en faire trop, ne rien laisser au hasard, incarner sans revendiquer.
À ses côtés, la présence de Lalla Meryem et de Lalla Hasnaa n’est pas qu’un accompagnement protocolaire. Elle s’apparente à une transmission silencieuse, presque chorégraphiée, où chaque génération inscrit la suivante dans une continuité maîtrisée.
Ce moment, en apparence culturel, relève en réalité d’une mise en scène du temps long : celui d’une monarchie qui ne se raconte pas dans l’urgence, mais dans la durée.
Et dans ce théâtre — au sens propre comme au figuré — une évidence s’impose : la relève ne se proclame pas. Elle se suggère.




