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EDITO. RENDRE SA DIGNITÉ À LA POLITIQUE

LE RENDEZ-VOUS DES ÉLECTIONS DE 2026

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

À cinq mois des élections législatives, le Maroc se trouve à un carrefour décisif. Serons-nous capables de rompre avec les schémas du passé où l’argent politique reste l’arbitre suprême, ou saurons-nous écrire une nouvelle page d’histoire où le citoyen devient le véritable acteur du processus démocratique ?

Le fléau qui épuise la nation.

Tant que l’argent – licite ou illicite – continuera d’être le dénominateur commun de toutes nos échéances électorales, des législatives aux locales en passant par les régionales et professionnelles, et tant que les autorités de tutelle s’enfermeront dans une « neutralité passive » qui s’apparente à de la complaisance, nous resterons prisonniers d’un cercle vicieux : des élections truquées produisent des élus peu qualifiés, lesquels prennent des décisions calamiteuses, générant un développement atone et un malaise social grandissant.

La démocratie n’est pas un luxe mais une nécessité pour le développement.

Le lien entre démocratie et développement n’a rien de théorique. L’investisseur, national ou étranger, ne recherche pas seulement des avantages fiscaux. Il exige :

■ une stabilité institutionnelle et une justice indépendante,
■ une transparence dans les décisions et une lutte réelle contre la corruption,
■ un environnement des affaires prévisible, loin du clientélisme.

Les pays qui ont bâti une solide réputation démocratique ont réussi à attirer des investissements massifs et à se hisser au rang de pôles régionaux d’affaires. Pourquoi le Maroc n’en ferait-il pas autant ?

Pour une véritable justice sociale.

L’enjeu dépasse de loin celui d’élections honnêtes. Il s’agit de restaurer la confiance dans la politique et les politiques, et d’instaurer une justice sociale permettant à tous les Marocains de prospérer sur la base du mérite, et non du piston ou de l’argent ou encore de la triche.

La vraie justice sociale commence par l’égalité des chances dans le droit le plus fondamental du citoyen : celui de voter librement et en toute intégrité. Comment exiger une économie équitable et une société solidaire si nous acceptons que les suffrages soient achetés et les volontés orientées ?

De quoi le Maroc a-t-il besoin ?

1. Un contrôle rigoureux et transparent du financement des campagnes électorales;
2. Une réelle indépendance des autorités chargées de superviser les scrutins;
3. Des sanctions dissuasives contre quiconque ose porter atteinte à l’intégrité du processus démocratique.

Un message au monde.

Les élections de septembre 2026 ne sont pas une simple échéance politique de plus. Elles constituent la carte d’identité que le Maroc présente au monde. Si nous parvenons à en faire un modèle d’intégrité, nous enverrons un signal clair : le Maroc est un pays démocratique émergent, dont l’environnement est sûr pour l’investissement et dont le terreau est fertile pour un développement global.

En guise de conclusion.

Les Marocains sincèrement attachés à leur patrie aspirent à vivre dans une démocratie véritable, où les chances sont égales pour toutes et tous et où la seule différence entre les citoyens repose sur le mérite et les compétences.

Oserons-nous, cette fois-ci, briser le cercle vicieux de l’argent et de la corruption ? Nous offrirons-nous la chance de construire un modèle de développement à la hauteur des aspirations de tout un peuple ?

Le choix nous appartient à tous : autorités, partis politiques, société civile et citoyens. Soit des élections qui rendent à la politique sa dignité, soit nous resterons prisonniers de la « maison de Loqman » électorale.

Le temps n’est pas encore perdu. Mais la fenêtre des possibles se rétrécit.

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