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La femme marocaine : de la beauté à l’excellence, de l’émancipation à la pleine citoyenneté

Par : Mohamed KHOUKHCHANI

Par : Mohamed KHOUKHCHANI

Fini le temps où les femmes étaient considérées comme « belles et bêtes » par les esprits misogynes ! Aujourd’hui, mes compatriotes sont non seulement belles, à juste titre, mais également élégantes, intelligentes, instruites, ambitieuses et entreprenantes. Elles incarnent, chacune à sa manière, une société marocaine en pleine mutation, résolument tournée vers la reconnaissance des compétences, l’égalité des chances et la conquête de nouveaux horizons.

Belles et élégantes, elles le sont aussi bien lorsqu’elles portent avec fierté le caftan, la takchita, la gandoura, le jabador ou la djellaba, symboles d’un patrimoine vestimentaire riche et raffiné, que lorsqu’elles choisissent des tenues modernes, adaptées à leurs goûts et à leur personnalité. Dans un cas comme dans l’autre, elles expriment librement leur identité, leur attachement à leurs traditions et leur ouverture sur la modernité. Car l’élégance n’est pas une question de vêtement, mais aussi de présence, de dignité et de confiance en soi.

Intelligentes et entreprenantes, elles le démontrent surtout par leur accès à des niveaux toujours plus élevés d’instruction, de formation et de qualification, ainsi que par leur présence croissante dans des professions et des responsabilités longtemps considérées comme l’apanage des hommes, voire comme leur domaine réservé.

Aujourd’hui, aucun secteur professionnel ne saurait légitimement prétendre être exclusivement masculin. Grâce à la science, au savoir, au savoir-faire et à leur détermination, les femmes investissent tous les domaines d’activité, y compris ceux qui confèrent responsabilités, prestige et pouvoir de décision. Elles sont chercheuses, ingénieures, médecins, magistrates, pilotes, universitaires, entrepreneuses, cadres supérieures et responsables d’institutions. Leur compétence n’a pas besoin d’être justifiée par leur sexe : elle se mesure à leur formation, à leur engagement et à la qualité de leur travail.

De même, aucune administration publique, aucune entreprise privée ni aucune institution représentative élue ne devrait se concevoir sans la participation pleine et entière des femmes. Leur présence n’est ni une faveur accordée ni une concession consentie par les hommes. Elle constitue un droit, une exigence démocratique et une nécessité pour le développement du pays.

Il convient, à cet égard, de mesurer le chemin parcouru par la femme marocaine depuis les premières étapes de la modernisation du Royaume. Longtemps confinée, pour une grande partie d’entre elles, aux responsabilités du foyer et de la famille, elle a progressivement investi l’école, d’abord comme institutrice, puis comme enseignante à tous les niveaux, ainsi que les établissements de santé, notamment en qualité d’infirmière. Ces premières conquêtes ont ouvert la voie à une émancipation plus large.

Au fil des décennies, les Marocaines ont franchi de nouveaux seuils. Elles ont accédé à la recherche scientifique dans des spécialités toujours plus nombreuses, aux fonctions judiciaires, aux métiers de l’aviation, aux professions médicales les plus exigeantes et aux plus hauts niveaux de l’enseignement supérieur. Elles ont démontré que le talent, l’intelligence et la capacité d’assumer des responsabilités ne sont l’apanage d’aucun sexe.

Dans la fonction publique comme dans le secteur privé, elles ont dû surmonter des obstacles professionnels, des préjugés persistants et des résistances culturelles. Pourtant, elles ont continué à avancer, à se former, à entreprendre et à faire leurs preuves. Leur parcours témoigne d’une volonté d’émancipation qui ne se limite plus à l’accès à l’emploi : il concerne désormais la participation aux décisions, la représentation politique et l’exercice du pouvoir.

Le domaine politique constitue précisément l’un des terrains où cette évolution mérite une attention particulière. Les femmes marocaines ont progressivement investi les conseils communaux, les assemblées provinciales et régionales, ainsi que les institutions nationales. Elles ne veulent plus seulement être représentées par d’autres : elles entendent participer directement à la définition des politiques publiques et à la construction de l’avenir collectif.

À la suite des élections législatives du 23 septembre 2026, cent sept femmes ont été élues à la Chambre des représentants. Elles y exerceront, aux côtés de leurs collègues masculins, les mêmes missions constitutionnelles : légiférer, contrôler l’action gouvernementale, débattre des grandes orientations nationales et contribuer à l’évaluation des politiques publiques.

Cette présence féminine au Parlement représente une avancée significative. Elle appelle toutefois une vigilance particulière : la représentation numérique doit s’accompagner d’une participation effective aux responsabilités, aux commissions stratégiques et aux instances de décision. Car la véritable égalité ne se mesure pas uniquement au nombre de sièges occupés, mais également à la capacité d’influencer les choix qui engagent le présent et l’avenir du pays.

L’évolution de la place des femmes dans la vie publique ne s’arrête d’ailleurs pas aux fonctions parlementaires ou ministérielles. Elle s’étend à la direction des institutions et à la conduite des affaires de l’État. La nomination de Mme Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement, au lendemain du scrutin législatif du 23 septembre 2026, marque, dans cette perspective, un moment politique majeur pour la représentation des femmes au Maroc.

Cette nouvelle étape porte un message fort : les fonctions les plus élevées de l’État ne sauraient être réservées aux hommes. Elle nourrit également l’espoir de voir les compétences féminines davantage reconnues dans la composition du prochain gouvernement, mais aussi dans l’ensemble des institutions où se prennent les décisions qui concernent les citoyens.

Dès lors, une question s’impose : combien de femmes intégreront la prochaine équipe gouvernementale ? Nous sommes nombreux à souhaiter que leur nombre progresse et que leur présence ne soit pas simplement symbolique. Nous espérons surtout que les Marocaines les plus compétentes, les plus expérimentées et les plus engagées pourront accéder aux portefeuilles ministériels correspondant à leurs qualifications, y compris ceux qui revêtent une importance stratégique pour le développement économique, social et institutionnel du Royaume.

Il ne s’agit nullement d’opposer les femmes aux hommes, ni de remplacer une domination par une autre. Il s’agit de reconnaître une évidence : le Maroc ne peut pleinement mobiliser ses ressources humaines s’il continue à sous-estimer les capacités d’une partie de sa population. Le progrès national exige la complémentarité des compétences, l’égalité des droits et l’ouverture des responsabilités à toutes celles et à tous ceux qui sont capables de les assumer.

Rendre hommage à la femme marocaine, c’est donc célébrer sa beauté et son élégance, certes, mais c’est surtout saluer son intelligence, son courage, sa persévérance et ses conquêtes. C’est reconnaître la mère, l’enseignante, la chercheuse, la soignante, la magistrate, l’entrepreneuse, l’élue et la dirigeante. C’est aussi rappeler que derrière chaque avancée individuelle se trouve souvent un combat collectif contre les préjugés et les discriminations.

La femme marocaine n’est plus simplement celle dont on admire la beauté ou dont on loue les mérites dans les discours de circonstance. Elle est une citoyenne à part entière, une actrice du développement et une partenaire indispensable de la démocratie.

Le chemin parcouru est considérable, mais celui qui reste à parcourir l’est tout autant. L’égalité effective, la juste représentation et l’accès aux responsabilités doivent désormais se traduire dans les pratiques, les institutions et les mentalités.

À toutes les femmes marocaines, d’ici et d’ailleurs, j’adresse mon hommage respectueux et fraternel. Que leurs réussites continuent d’inspirer les générations montantes et que leurs compétences contribuent, toujours davantage, à bâtir un Maroc plus juste, plus moderne, plus démocratique et plus égalitaire.

Car la grandeur d’une nation se mesure aussi à la place qu’elle accorde à ses femmes.

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