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Poèmes en prose de Mohammed EL QANDIL. Les confins de l’instant !

Par: Mohammed EL QANDIL*

Contempler à cœur ouvert, ce ciel immense qui déborde mes yeux. Ne pas verser dans cette aube s’approchant de mes mains, nouant les filiations secrètes, nommant à qui voudrait savoir les premiers balbutiements du poème.

Me voici en face de l’autre qui me convient. J’ouvre tout grand les multiples possibles d’une amitié souterraine, réclamant toujours cette aube me poursuivant, enlaçant les vers blancs de la page rêveuse.

Me voici aussi disponible que la rivière de mon village. Je cours à ma chute dernière. Je n’ai pas d’autres prétentions que te rejoindre. Là où tu puises mon absence comme un remède difficile à savourer. Difficile à vivre entre deux sourires rapides et vacants.

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Ne pas oublier, trop affamé de beauté ancienne, ce vide en toi. Ne pas oublier non plus ce trop-plein offert à tes jubilations puériles. Le temps est ce qui se sent au bord du désastre merveilleux. Est-ce qui se tapit à la lisière des pas marchants.

Encombre- toi de sagesse qui perdure. Qui voyage avec l’automne et revit avec l’hiver. Prends soin de tout ce qui remue, bouge dans les confins de l’instant : La vie aime les naissances renouvelées. Les seuils changeants au gré des visages.

Va ton chemin comme si c’était le dernier. Surpris. Toujours étonné. Cœur à la portée des herbes qui sillonnent les patries larges de l’amour. Cueille ce qui s’offre à la culture du rêve nourricier.

Il n’est de gloire que celle qui se vit en partant !

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Contempler à cœur ouvert…

Et dans la pure solitude du doute, n’invoquer que les garants des premières nuits mouvantes : Rilke, Rimbaud, Marina, Rítsos, Darwich…

Vivre sous leur ombre !

*Poète, chercheur en littérature et arts plastiques /Inspecteur pédagogique 

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