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LE PONT DE L’ÊTRE

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Un homme ne peut aimer vraiment une femme qui ne le respecte pas.
Le respect, pour lui, n’est pas une option : c’est un pont. La seule passerelle par laquelle son cœur traverse le silence.
Être respecté, c’est sentir que sa voix existe dans le vent,
que ses gestes ne s’effacent pas comme l’écume,
que sa présence pèse – juste assez – dans l’équilibre du monde.

Quand ce fil se rompt, l’amour se fissure. Lentement. D’abord une faille, puis un cri sourd.
L’orgueil dresse un mur ; le mépris creuse un fossé ; et l’absence d’écoute laisse un écho glacé.
Sans que tu l’aies vu, le bon homme s’éloigne – non pas en claquant la porte, mais comme une marée qui renonce.
Rabaissé, il se tait. Mais au fond de lui, le ressentiment pousse ses racines dans la nuit.
Et quand le respect se retire, l’amour s’effeuille, pétale après pétale, jusqu’à n’être plus qu’une tige sans sève.

◇◇◇◇◇◇◇

Mais voici ce qui donne à ce pont sa vérité :

Le respect réciproque ne se négocie pas sur un inventaire.
Il ne s’achète ni ne se vend.
Il ne regarde pas ce que l’autre possède – ni son titre, ni son rang, ni l’éclat de ses jours.
Il regarde ce que l’autre est.
Sa fragilité. Sa loyauté. Ce tremblement dans sa voix qu’il croit cacher.
Le respect digne de ce nom dit : « Tu n’as rien à prouver. Tu as juste à être. »

Car aimer quelqu’un pour ce qu’il a, c’est bâtir sur du sable.
Un jour l’argent s’en va, la beauté s’efface, le pouvoir s’effrite.
Mais aimer quelqu’un pour ce qu’il est – pour son courage silencieux, sa manière unique d’éclairer la pièce –
alors le respect devient indestructible, comme une source qui ignore la sécheresse.

◇◇◇◇◇◇◇

Ainsi, dans l’île secrète du couple, ne demande jamais : « Qu’apportes-tu ? »
Demande plutôt : « Qui es-tu, dans ta vérité nue ? »
Et réponds par la même offrande.

Parfois, un simple « je te vois, tel que tu es » vaut tous les serments du monde.
Parfois, une écoute sans hâte répare ce que l’orgueil a délié.

Car l’amour durable ne hurle pas. Il prend racine dans la considération,
comme un chêne dans la terre silencieuse.
Et quand le respect – celui qui ne marchande pas – l’arrose,
même les saisons n’y peuvent rien.

Mohamed KHOUKHCHANI
Meknès le 21 mai 2026.

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