
Par: Asmaa ESSARSAH*
Avant l’apparition des réveils modernes et des technologies numériques, certaines professions jouaient un rôle essentiel dans la vie quotidienne. Parmi ces métiers aujourd’hui disparus, on trouve celui des Knocker Uppers, appelés également réveilleurs humains. Leur tâche consistait à réveiller les ouvriers et les employés à l’heure afin qu’ils puissent rejoindre leurs lieux de travail. Le métier de Knocker Upper apparaît au XIXe siècle dans les grandes villes industrielles britanniques telles que Londres, Manchester ou Liverpool. Avec l’industrialisation, les usines imposaient des horaires de travail stricts et les retards pouvaient entraîner des sanctions importantes pour les ouvriers qui peuvent aller jusqu’au licenciement.
Parmi les dernières figures emblématiques de cette profession se distingue Mary Smith, connue pour avoir exercé ce métier dans les quartiers ouvriers britanniques. Son histoire illustre par excellence les transformations sociales et technologiques qui ont progressivement conduit à la disparition de nombreuses professions traditionnelles.
Chaque matin, avant l’aube, les Knocker Uppers parcouraient les rues afin de réveiller leurs clients ouvriers en frappant aux portes ou aux fenêtres. Le métier exigeait une grande ponctualité, une excellente mémoire des horaires et une connaissance précise des habitudes et des horaires d’emploi des habitants du quartier. Les Knocker Uppers jouaient ainsi un rôle primordial dans le bon fonctionnement des villes industrielles contre une rémunération modeste.
Pour atteindre les étages supérieurs, certains utilisaient de longues perches en bambou tandis que d’autres employaient des sarbacanes permettant de projeter de petits pois secs contre les vitres. Cette méthode permettait de réveiller les habitants sans déranger l’ensemble du voisinage.
Mary Smith : une figure emblématique
Mary Smith est souvent présentée comme l’une des dernières représentantes de cette profession au Royaume-Uni. Elle est devenue célèbre grâce à des photographies historiques la montrant équipée d’une longue sarbacane utilisée pour réveiller les ouvriers vivant dans les étages supérieurs des immeubles.
Chaque matin, Mary Smith parcourait les rues très tôt afin de réveiller ses clients avant leur départ au travail. Son activité concernait principalement les quartiers populaires et ouvriers où les habitants dépendaient fortement de la régularité des horaires industriels.
Le travail était particulièrement exigeant durant l’hiver, lorsque les conditions climatiques rendaient les déplacements difficiles. Malgré les obstacles, les Knocker Uppers devaient assurer leur service quotidiennement avec précision.
Aujourd’hui, Mary Smith symbolise une époque où certaines fonctions sociales reposaient encore sur des interactions humaines directes et chaleureuses plutôt que sur des dispositifs technologiques automatisés.
Au cours du XXe siècle, les progrès technologiques ont progressivement entraîné la disparition des Knocker Uppers. La démocratisation des réveils mécaniques, puis électriques, a rendu ce service moins nécessaire.
Conclusion
L’histoire de Mary Smith permet de mieux comprendre les métamorphoses sociales et professionnelles liées à l’industrialisation et aux progrès technologiques. En tant qu’une des dernières Knocker Uppers britanniques, elle représente aujourd’hui la mémoire d’une profession disparue qui jouait pourtant un rôle essentiel dans la vie des classes ouvrières.
Son parcours témoigne également de la manière dont les innovations technologiques transforment progressivement les modes de vie et conduisent à la disparition de certaines professions traditionnelles. L’étude de ces métiers oubliés contribue ainsi à enrichir notre compréhension de l’histoire sociale et du monde du travail dans les sociétés industrielles.
Références bibliographiques
* BBC News. (2016, March 20). The woman who worked as a human alarm clock. BBC News. BBC News Article
*Asmaa ESSARSAH, Doctorante-chercheuse à la faculté des langues, des lettres et des arts – Université Ibn Tofail au sein du laboratoire langage et société.





