
Par : Mohamed KHOUKHCHANI

Alors que quarante États africains ne reconnaissent plus la « rasd » et que le Conseil de sécurité vient d’entériner le plan d’autonomie présenté par le Maroc en 2007, l’Union africaine ne peut plus longtemps ignorer la réalité géopolitique. Il est temps de trancher : la sécession n’est plus une option, l’autonomie sous souveraineté marocaine s’impose comme la seule issue crédible.
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Un consensus africain silencieux mais massif
Depuis le retrait officiel de la reconnaissance par le Mali, la dynamique est claire : quarante États africains souverains sur cinquante-quatre ne reconnaissent pas, ou ne reconnaissent plus, la prétendue « rasd ». C’est plus des deux tiers du continent. Ce basculement n’est pas anecdotique : il reflète une lassitude croissante face à une fiction juridique entretenue depuis plus de quatre décennies.
Ce même groupe de quarante pays a logiquement approuvé, le 31 octobre 2025, la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui valide clairement l’initiative marocaine d’autonomie pour les provinces sahariennes, sous souveraineté du Royaume. Le Maroc a proposé cette solution en 2007, après l’abandon du plan de paix de 1991 et l’échec du « référendum d’autodétermination ». L’ONU, lasse de l’impasse, a fini par trancher : l’autonomie est la seule base sérieuse pour une paix durable.
Un corps étranger au sein de l’Union africaine
Dès lors, comment justifier que la « rasd » siège encore à l’Union africaine ? Quelle légitimité pour une entité que la majorité des membres de l’UA ne reconnaissent plus ? Le maintien de ce fantôme diplomatique n’a plus de sens politique, et il devient juridiquement intenable. L’Afrique doit avoir le courage de ses convictions : renvoyer la « rasd » de l’UA, non par esprit de vengeance, mais par cohérence.
Ce serait un acte de clarification, libérateur pour l’organisation panafricaine, trop souvent paralysée par des héritages de la guerre froide et des solidarités artificielles.
Quel impact sur les relations Maroc-Algérie ?
Reste une question lancinante : que changera ce renvoi dans la relation entre Rabat et Alger, rompue unilatéralement par l’Algérie le 24 août 2021 ? À court terme, probablement rien. Car le contentieux algéro-marocain dépasse largement la question saharienne. Il plonge ses racines dans des rivalités géopolitiques, économiques et mémorielles qui ne s’effaceront pas par un simple vote à Addis-Abeba.
Mais à moyen terme, l’éviction de la « rasd » priverait l’Algérie de son principal levier de nuisance diplomatique. En cessant de subventionner une entité qui n’a d’Etat » que le nom, Alger serait contrainte de revoir sa stratégie. L’absence de la « rasd » à l’UA rendrait caduque la principale justification algérienne du soutien armé au Polisario. Le dialogue direct, longtemps impossible, deviendrait inévitable.
Conclusion : l’Afrique doit assumer son basculement
Le Maroc ne demande pas à l’Afrique de choisir un camp contre l’autre. Il demande simplement à l’UA d’être fidèle à ses propres principes : respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de ses membres, ne pas héberger des entités sans reconnaissance réelle, et promouvoir des solutions politiques réalistes.
Le Sahara marocain ne sera pas indépendant. Plus aucun acteur sérieux ne le croit. La seule question qui vaille désormais est celle des modalités de l’autonomie. L’Afrique a tout à gagner à sortir de cette impasse : elle renforcera sa crédibilité, libérera des énergies pour des vrais défis continentaux, et offrira une chance à la réconciliation maghrébine.
L’heure est venue de tourner la page. Renvoyons la « rasd » de l’UA, pour de bon.



