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Christianophobie. Le Parlement européen se penche sur le cas préoccupant de l’Algérie

Lire l'analyse de notre collaborateur Marco BARATTO

 

 

Le Parlement européen a abrité, aujourd’hui 12 mars, une réunion sur « les libertés des minorités en Algérie« , selon le député européen Nicolas BAY, président du groupe « Conservateurs et réformistes européens » (CRE), sur son compte officiel sur la plateforme « X ».

Ont pris part à cette réunion, Frédérique Aït-Touati, historienne des sciences, et chercheuse au CNRS, Azwaw At Qasi, Président de la Ligue Kabyle des Droits de l’Homme (LKDH), et Yann BALY, Président de Chrétienté- Solidarité.

En Algérie, le développement d’une communauté évangélique autochtone, forte d’environ 100 000 croyants aujourd’hui, inquiète les autorités depuis les années 2000. L’Église protestante d’Algérie (EPA) regroupe 47 églises dont la plupart se trouvent en Kabylie. Les autorités se méfient des chrétiens qu’elles amalgament facilement aux autonomistes du mouvement kabyle.

A cette occasion, le journal Le Collimateur reproduit une analyse sans complaisance consacrée par l’essayiste et écrivain italien Marco BARATTO à la christianophobie qui prend des proportions préoccupantes en Algérie.

Algérie : les chrétiens sous haute pression

Par: Marco BARATTO

La situation des catholiques et des chrétiens en Algérie demeure marquée par une série de difficultés structurelles qui pèsent lourdement sur leur vie quotidienne et leur liberté religieuse. Bien que la Constitution affirme la liberté de culte, la réalité vécue par les fidèles est souvent plus restrictive, en particulier pour les communautés non musulmanes.

Le principal obstacle réside dans le cadre légal régissant les associations et les pratiques religieuses. De nombreuses organisations chrétiennes se heurtent à des procédures d’enregistrement complexes, parfois opaques, qui les empêchent d’exister légalement. Ce « labyrinthe bureaucratique », dénoncé par des organisations de défense des droits humains, contraint certaines communautés à fonctionner dans une zone grise, les exposant à des poursuites pénales.

Ces restrictions ont des conséquences concrètes. Des fidèles ont été poursuivis pour s’être réunis dans des lieux de culte non autorisés ou pour avoir organisé des rituels religieux sans approbation administrative. Cette pression juridique crée un climat de peur et d’incertitude, dissuadant l’expression publique de la foi chrétienne.

La fermeture définitive de Caritas Algérie a constitué un autre coup dur. Cette œuvre caritative jouait un rôle essentiel auprès des populations les plus vulnérables, sans distinction religieuse. Sa disparition a non seulement affaibli la présence sociale de l’Église catholique, mais a aussi privé de nombreuses personnes d’un soutien vital, renforçant le sentiment d’isolement des chrétiens.

Pourtant, malgré ces épreuves, les communautés chrétiennes d’Algérie continuent de témoigner d’une foi discrète mais tenace. Leur espérance repose en partie sur l’attention internationale et sur les gestes symboliques forts, comme la possible visite du pape Léon XIV. Une telle présence pourrait redonner visibilité et légitimité à ces communautés, tout en encourageant un dialogue sincère avec les autorités.

Mettre en lumière les difficultés des chrétiens d’Algérie ne signifie pas opposer les religions, mais rappeler que la liberté religieuse est un pilier fondamental de toute société apaisée. Le voyage espéré du pape pourrait ainsi ouvrir une nouvelle saison, faite de reconnaissance, de respect et d’espérance pour tous les croyants du pays.

 

 

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