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Tribune libre : Au cœur de la folie des hommes

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

La nuit du 28 février 2026 restera gravée dans la mémoire du monde comme celle où l’humanité a franchi un nouveau seuil dans l’horreur. Tandis que je rédige ces lignes, les images qui nous parviennent du Moyen-Orient racontent une histoire que nous aurions voulu ne jamais avoir à écrire : celle d’une région tout entière embrasée par la folie des hommes.

200 avions de combat sillonnant le ciel iranien. 500 cibles anéanties en quelques heures. Un Guide suprême tué dans son bureau. Une école de filles à Minab transformée en charnier, emportant avec elle 148 vies innocentes. Et pendant ce temps, les missiles pleuvent sur Bahreïn, le Qatar, les Émirats, le Koweït. La guerre est là, totale, implacable.

Que reste-t-il du droit international quand la Cinquième Flotte américaine devient une cible dans le golfe de Bahreïn ? Que reste-t-il de l’humanité quand des fillettes meurent sous les décombres parce que des puissances étrangères ont choisi leur pays comme terrain de jeu militaire ?

J’entends déjà les justifications des belligérants. « Opérations chirurgicales », « frappes ciblées », « légitime défense ». Mots savants pour habiller la réalité crue : des civils meurent, des populations entières vivent désormais dans la terreur du prochain missile, du prochain raid, de la prochaine escalade.

À Téhéran, on ne dort plus. Le moindre orage fait croire à un nouveau bombardement. À Dubaï, à Manama, à Koweït City, on compte les morts et on panse les plaies. Dans le détroit d’Ormuz, le pétrole ne passe plus, et c’est l’économie mondiale tout entière qui vacille. Des touristes belges bloqués en Thaïlande, une Calédonienne incapable de quitter Jérusalem — la guerre n’a pas de frontières, pas plus que ses conséquences.

Et pourtant, les appels à la raison se font entendre, trop faibles, trop tardifs. La Chine, la Russie, l’ONU — tous appellent à la retenue. Mais qui les écoute quand les canons tonnent ? Qui entend la voix de la diplomatie quand chaque camp ne jure que par la vengeance ?

Je refuse de croire que nous soyons condamnés à ce cycle infernal. Je refuse d’accepter que la mort de 148 enfants dans une école du sud de l’Iran ne soit qu’un « dommage collatéral » dans une équation géopolitique qui nous dépasse.

À ceux qui gouvernent, je dis : arrêtez. Arrêtez de jouer avec le feu quand ce sont nos enfants qui brûlent. Arrêtez de compter les cibles quand ce sont des vies que vous effacez. Le détroit d’Ormuz peut se rouvrir, les espaces aériens peuvent être dégagés, mais les tombes, elles, resteront. Les familles brisées resteront. Les traumatismes resteront.

Nous, citoyens du monde, refusons d’être les spectateurs impuissants de votre folie. Nous exigeons un cessez-le-feu immédiat. Nous exigeons le retour à la table des négociations. Nous exigeons que l’on cesse de sacrifier des vies humaines sur l’autel des intérêts stratégiques.

Car au bout du compte, que restera-t-il de cette guerre ? Des ruines, des larmes, et la certitude accablante que nous aurions pu, que nous aurions dû, faire autrement.

Le temps de la raison est venu. Il n’est pas trop tard. Il ne doit pas être trop tard.

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