
Par: ZAKARIA BERALA

Les récentes inondations qui ont submergé la région du Gharb et la ville de Ksar El Kébir ont offert, au cœur du désastre, des scènes d’une éloquence sociologique saisissante. Dépouillés de leurs biens, voyant leur bétail – unique capital d’une vie de labeur – emporté par les flots, des citoyens simples, dans un élan de spontanéité déconcertante, ont scandé « Aach Al Malik » (Vive le Roi) au moment de leur évacuation par les autorités.
Ce réflexe, loin d’être anodin, traduit la nature profonde du lien vertical et direct qui unit le citoyen marocain au Chef de l’État. Il s’agit là d’une forme de « désintermédiation » politique où le peuple, dans la détresse comme dans la joie, court-circuite les corps intermédiaires – administratifs ou partisans – souvent perçus comme défaillants, pour s’adresser directement à la clé de voûte des institutions.
Dans le lexique politique marocain, cette expression dépasse la simple formule protocolaire. Elle agit comme une « assurance-vie » historique qui garantit la continuité de l’État-Nation depuis plus de douze siècles. Si la formule rappelle le « God Save the King » britannique incarnant l’unité du Royaume, le cas marocain se distingue par sa dimension contractuelle : la Beia. Ce pacte d’allégeance fait du Roi le recours ultime, l’arbitre suprême et le garant de l’équité, expliquant pourquoi ce cri retentit aussi bien lors des liesses populaires sportives que lors des tragédies nationales, du séisme d’Al Haouz aux crues du Gharb.
Une lecture lucide de la géopolitique régionale démontre que cette symbiose organique entre le Trône et le peuple constitue la véritable soupape de sécurité du Royaume. Alors que le « Printemps arabe » et les soubresauts régionaux ont transformé certaines républiques de slogans en États faillis ou en vastes casernes à ciel ouvert, le Maroc a préservé sa stabilité. Cette résilience s’ancre dans une légitimité historique et religieuse inébranlable, aux antipodes des régimes nés de putschs militaires, dépourvus de profondeur temporelle. Pour le Marocain, l’Institution monarchique demeure le garant unique de l’intégrité territoriale et de la sécurité spirituelle et alimentaire dans un voisinage tourmenté.
Pourtant, cette adhésion spontanée fait l’objet de campagnes de dénigrement orchestrées par les « mouches électroniques » du régime voisin. Ces attaques virtuelles, tentant de tourner en dérision le loyalisme marocain, ne sont qu’une tentative désespérée de diversion. Elles visent à masquer une réalité interne accablante : celle d’un citoyen algérien contraint, dans un pays riche en hydrocarbures, à d’interminables files d’attente pour des denrées de première nécessité comme le lait ou les lentilles. Le paradoxe est cruel : un État rentier sur le plan financier, mais en faillite sur le plan de la légitimité et de la performance publique.
Ce régime militaire, souffrant d’un déficit chronique de légitimité historique face au Royaume Chérifien, tente de compenser ses complexes en dilapidant la rente pétrolière dans des guerres médiatiques futiles. En misant sur l’ignorance de ses trolls quant aux réalités de l’Histoire, la junte d’Alger s’enferme dans une fuite en avant, transformant un pays-continent en une prison politique, gérée par la menace et la théorie du complot extérieur, au mépris du droit des peuples à l’autodétermination démocratique.
En définitive, le cri « Aach Al Malik » restera une arrête en travers de la gorge des adversaires de notre intégrité territoriale. Il est la preuve éclatante de l’échec d’un système militaro-politique voisin qui, incapable de bâtir un État de droit, s’est résolu à fabriquer des ennemis imaginaires. Pendant ce temps, le Maroc poursuit sa marche de développement et gère ses crises, naturelles ou économiques, fort de ce pacte indéfectible qui lui assure une immunité souveraine contre toutes les tentatives de déstabilisation venues de l’Est.



