
Par: Hassan El Khabbaz

Le sort de La Samir est revenu au centre du débat public, notamment après que le secrétaire général de l’Union nationale du pétrole et du gaz (UNPG), Houssine Yamani, a pointé les profonds déséquilibres qui minent ce secteur vital depuis des années. Selon cet expert, le pays est entré dans un état de déséquilibre structurel depuis la fermeture de la seule raffinerie du royaume, sa mise en liquidation judiciaire et son déclin inéluctable.
Par ailleurs, l’existence de pratiques contraires à la législation nationale en matière de concurrence, notamment des ententes sur les prix reconnus par le Conseil de la Concurrence, ont révélé un autre aspect des failles structurelles qui affectent la gestion du secteur, à un moment où la question du stock national de produits pétroliers devient de plus en plus urgente.
Cette situation est due à l’absence d’une vision claire pour compenser le rôle stratégique de la Samir dans le raffinage et le stockage, ce qui a rendu le pays plus vulnérable aux fluctuations des marchés étrangers.
Les crises qui surgissent aujourd’hui ne sont pas surprenantes, mais plutôt le résultat d’un long processus de décisions reportées et de choix non résolus, a certifié M. Yamani dans une déclaration à notre confrère « Achkayen« . « La dépendance quasi totale aux importations, sans capacités nationales suffisantes de raffinage et de stockage, constitue une menace directe pour la souveraineté énergétique, en particulier dans un contexte international caractérisé par l’instabilité et de fortes fluctuations des chaînes d’approvisionnement », a-t-il prévenu.
Pour toutes ces raisons, il est impératif de tirer les leçons du passé et de conjuguer les efforts pour formuler des choix stratégiques qui privilégient l’intérêt national et mettent fin aux conflits d’intérêts, tout en soulignant que le règlement du dossier de «La Samir » n’est plus une option différée, mais une nécessité urgente pour garantir un niveau minimal de sécurité énergétique.