
Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Le passage de témoin vers une solution définitive semble avoir franchi une étape irréversible. Le 7 février 2026, au sein de l’ambassade des États-Unis à Madrid, une rencontre quadripartite de haut niveau — réunissant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario — a redéfini les contours du dossier du Sahara. Sous l’égide d’une médiation américaine offensive, cette réunion à huis clos a scellé ce que les experts qualifient déjà de « rupture stratégique » en faveur de la vision marocaine.
Washington impose le « réalisme politique »
La diplomatie américaine a réussi un coup de maître : arracher aux parties (y compris à l’Algérie) la reconnaissance que l’initiative marocaine mise à jour — un document technique de 40 pages — est désormais la « seule et unique base de travail » sur la table. Le temps des « propositions alternatives » semble révolu. Washington a acté la création d’une « Commission Technique Permanente » composée d’experts juridiques, sous supervision américano-onusienne, chargée d’étudier les modalités concrètes de l’autonomie (fiscalité, justice, sécurité locale).
L’Algérie : de la négation à l’implication sous pression
La présence de la délégation algérienne constitue l’élément le plus scruté de ce sommet. Bien que les délégués d’Alger aient refusé la symbolique d’une « photo de famille » avec la délégation marocaine pour éviter tout signe de normalisation politique immédiate, leur participation active aux discussions techniques sur le document marocain marque un virage. Pour les observateurs, Alger fait face à une pression diplomatique sans précédent, contrainte par Washington de passer de la rhétorique idéologique au pragmatisme sécuritaire régional.
La feuille de route « Madrid 2026 »
La rencontre a débouché sur un « Accord de procédure » (Procedural Agreement) fixant un calendrier précis : un prochain round à Washington en mai 2026 pour la signature d’un « Accord-cadre » politique. Ce déplacement du centre de gravité des négociations de New York vers Madrid, puis Washington, illustre la volonté américaine de contourner l’enlisement bureaucratique de l’ONU pour imposer une solution exécutoire.
Un triomphe diplomatique pour Rabat
Le Maroc sort de cette séquence en position de force. Son plan d’autonomie n’est plus une simple proposition, mais le référentiel exclusif. La version « étendue » de l’initiative présentée par Rabat a démontré une maturité institutionnelle capable d’offrir des réponses détaillées sur la gestion des provinces du Sud sous souveraineté marocaine, fermant ainsi la porte à toute interprétation séparatiste.
En conclusion : Madrid 2026 n’est pas qu’une simple réunion, c’est l’acte de décès du statu quo. Alors que le Maroc s’apprête à traduire sa victoire diplomatique en réalité institutionnelle, les autres parties sont désormais sommées de s’adapter à une nouvelle donne : la souveraineté marocaine est la règle, et l’autonomie est l’unique solution.



