
Par: Mohamed KHOUKHCHANI

À chaque résurgence médiatique de l’affaire Jeffrey Epstein, un même mécanisme se remet en marche : la fabrication d’amalgames, l’entretien du soupçon et la propagation d’insinuations visant des pays qui n’ont pourtant aucun lien judiciaire établi avec les crimes commis. Le Maroc fait partie de ces cibles régulières, non pas sur la base de faits, mais sur celle d’un journalisme de la suggestion, devenu l’outil privilégié des campagnes de dénigrement.
Il faut le dire clairement : associer le Maroc à l’affaire Epstein sans preuve relève de la diffamation, pas de l’enquête.
Quand l’absence de preuves devient un détail
Jeffrey Epstein a été poursuivi par la justice américaine pour des crimes sexuels d’une extrême gravité. Les enquêtes ont mis au jour des réseaux, des complicités et des silences coupables, essentiellement au cœur des élites politiques, financières et médiatiques occidentales.
Mais dans cette masse d’informations, une constante demeure : le Maroc n’est cité dans aucun acte judiciaire, aucune condamnation, aucun document officiel.
Alors pourquoi persister à l’évoquer ?
Parce que dans l’ère de la post-vérité, le soupçon suffit à salir, même en l’absence totale de faits. On ne démontre plus, on suggère. On n’accuse pas frontalement, on laisse « entendre ». Et lorsque le mal est fait, les rectificatifs n’intéressent plus personne.
Le Maroc comme cible commode
Le Maroc dérange par sa stabilité, par ses choix stratégiques, par ses partenariats, par sa capacité à exister sur des dossiers régionaux et internationaux sensibles. Dès lors, chaque scandale global devient une opportunité pour certains de lui faire porter une part d’ombre qui ne lui appartient pas.
L’affaire Epstein sert ici de prétexte idéal : un nom sulfureux, une émotion légitime, et un terrain fertile pour les manipulations. Peu importe que cela n’aide ni les victimes, ni la justice ; l’objectif est ailleurs : entacher l’image.
Défendre la vérité, c’est refuser la logique de la rumeur
Il ne s’agit pas de protéger des criminels, ni de relativiser des crimes abjects. Bien au contraire. Mais il est moralement et intellectuellement irresponsable d’élargir artificiellement le champ des accusations au gré des intérêts idéologiques ou géopolitiques.
La lutte contre les violences sexuelles ne progresse pas grâce aux amalgames. Elle recule lorsque l’on transforme des affaires judiciaires en armes de propagande.
Le deux poids, deux mesures médiatique
Un fait mérite d’être souligné : lorsque des responsables occidentaux sont cités, documentés, parfois enregistrés, la prudence est de mise. On parle de « présomption », de « contexte », de « complexité ». Mais lorsqu’il s’agit du Maroc, le conditionnel devient condamnation, et le silence devient aveu.
Ce double standard n’est pas accidentel. Il révèle une hiérarchie implicite des réputations, où certains pays ont droit à la nuance et d’autres non.
Conclusion : le Maroc n’a pas à s’excuser d’exister
Le Maroc n’a ni à se justifier ni à se défendre contre des accusations inexistantes. Il a le droit — et même le devoir — de dénoncer les campagnes de dénigrement qui se parent des habits de la morale pour masquer leurs intentions réelles.
La vérité ne se construit pas sur des insinuations.
La justice ne se rend pas sur les réseaux sociaux.
Et la dignité des peuples ne doit jamais servir de variable d’ajustement médiatique.
Face à la rumeur, le Maroc n’a qu’une réponse : les faits.
Et face à la diffamation, une seule attitude : la fermeté.



