Siham Tahri, quand l’appel de l’art est irrésistible

Siham Tahri, artiste peintre et activiste, a fait l’ultime choix d’épouser l’art. Un choix qui n’est pas facile car il représente pour cette native de Fès un chemin plein de risques alors qu’elle peut poursuivre sans entrave son parcours professionnel. Dotée d’un doctorat en biotechnologie qui lui a permis d’intégrer l’équipe d’une multinationale pharmaceutique, elle a quitté sa zone de confort pour rejoindre l’irrésistible appel de l’art avec toutes ses tribulations.

Depuis son plus jeune âge, Siham Tahri a toujours été fascinée par les travaux manuels, broderie, couture… Elle a manifesté très tôt un penchant pour les arts picturaux. Adolescente, ses premiers pas dans la peinture de soie ont marqué un moment bien ancré dans sa mémoire où l’admiration de son entourage était au rendez-vous.

 

Malgré son parcours professionnel où elle était amenée à faire un cursus scientifique, la passion de peindre va attiser le feu de la recherche artistique en vue d’apprendre, améliorer sa technique et créer son propre style. Cette quête donnera lieu à un travail autour de la peinture à l’huile « la nature morte », en passant par un hommage dédié à « la femme marocaine » dans des postures de fierté, en insistant sur les formes, les reliefs et les couleurs tout en créant des scènes de vie marocaines en corrélation avec la médina de Fès.

Elle s’est consacrée aussi à un travail pictural autour de l’eau. Une exploration mystique de cet élément de la vie qui lui a offert le don de l’abstraction. Mais Siham Tahri n’est pas une adepte de l’oisiveté. C’est une artiste très inquiète qui se pose toujours beaucoup de questions sur les limites de l’artiste car elle ne croit pas à cet édifice qu’on appelle les frontières.

Sa curiosité artistique soutenue par une lecture assidue lui procure cette énergie créatrice. Engagée et mobilisée sur plusieurs fronts sociaux dont la question des droits de la femme. Cette dernière l’a guidée vers un travail artistique inédit sous un titre révélateur de ce qui se trame dans l’esprit bouillonnant de notre artiste: « Femmes sous l’emprise des codes ». Un travail hybride qui s’inscrit dans une démarche ingénieuse que l’artiste a souhaité incruster dans le paysage numérique qui nous a englouti dans les méandres de son univers intérieur.

Son écoute attentive de l’évolution des nos pratiques culturelles et de nos comportements par rapport aux informations, l’ont incitée à remettre en cause son travail précédent sans marquer une coupure totale. Mais c’est une création qui s’est inscrite dans un objectif autre visant à exploiter ces novelles arrivées du numérique en l’occurrence le QR code. Un procédé artistique qui « sous l’apparence neutre du carré du code QR, se cache une information à décrypter et qui a pour vocation de codifier l’être humain », comme l’a décrit elle-même.

Pour Siham Tahri, cette exposition a pour objectif aussi « d’impliquer les jeunes dans le processus de construction d’une conscience collective quant au phénomène des violences à l’égard des femmes ».

Siham Tahri nous réserve indubitablement dans un avenir très proche d’autres pistes à exploiter, car le temps de plier bagages et partir pour une autre aventure est la marque de fabrique de cette artiste qui ne croit pas au mythe du repos du guerrier.