Le cinéma de l’espoir


La sélection du dernier film de Nabil Ayouch « Haut et fort » dans la compétition officielle de la 74ème édition du Festival de Cannes est une prouesse. Puisque pour cette session, il n’y avait que 23 films à disputer la Palme d’Or. C’est le fruit d’une sélection très rude qui s’est opérée au sein de 2300 films. Il faut savoir que depuis 59 ans, aucun marocain n’a eu la chance de frôler le tapis rouge de la compétition officielle cannoise.

Nabil Ayouch est désormais le deuxième réalisateur marocain qui porte plus haut le drapeau du cinéma marocain dans un si prestigieux festival à l’international, après Abdelaziz Ramdani qui avait présenté son film « Âmes et rythmes » en 1962. Et Si nous voulons approfondir la recherche historique relative à la participation du Maroc à ce festival, il est de notre devoir d’évoquer les propos de Rachid Naim, professeur universitaire et critique de cinéma, qui a poussé plus loin la participation du Maroc à ce fameux festival car « En 1947, déjà, Jean Mauran présente Mârouf, savetier du Caire en compétition officielle à Cannes. Le film est joué par les acteurs Tawfik Filali, Mohammed Touri et Leila Wehby. En 1952, le grand Orson Welles présenta son film Othello sous la bannière marocaine et gagna même la plus haute des récompenses. Ainsi, le nom du Royaume du Maroc figure parmi les rares pays dans la liste des vainqueurs Palmes d’Or. La troisième fois, en 1956, Henry Jacques présenta sous les couleurs marocaines Toubib El Affia (Le Médecin malgré lui). La quatrième fois où le Maroc a goûté à la compétition officielle était en 1962 avec « Âmes et rythmes » de Abdelaziz Ramdani, en 1962. » (Le site BledNews, 4 juin 2021).

Ce septième long-métrage du cinéaste Nabil Ayouch, co-écrit avec Maryam Touzani. Racontant l’histoire d’Anas, ancien rappeur, engagé dans un centre culturel d’un quartier populaire de Casablanca. Encouragés par leur nouveau professeur, les jeunes vont tenter de se libérer du poids de certaines traditions pour vivre leur passion et s’exprimer à travers la culture Hip-Hop. Un film d’espoir qui donne la voix à cette catégorie de jeunes marocains pour faire valoir leur combat incessant d’être libre et dessiner le visage d’un demain radieux. C’est aussi un film qui a nourri beaucoup d’espoir autour d’un coup de chance de décrocher un prix. Afin de marquer ce parcours atypique d’un cinéaste qui ne cesse pas de scruter le malaise d’une société qui doit trouver la paix avec sa jeunesse.

Malgré les éloges qui ont accompagné la projection de ce film, en le qualifiant de « réjouissant » chez France Culture, ou d’un « West Side Story Marocain » chez Jeune Afrique., le journal Le Monde a fait l’exception en signalant que « Nabil Ayouch signe un film bancal sur de jeunes rappeurs marocains. Entre documentaire et fiction, le récit du cinéaste manque singulièrement d’intensité en dépit de la générosité des acteurs. » Article écrit par Clarisse Fabre, publié le 16 juillet 2021, le journal le Monde.

Le film de Ayouch est sorti bredouille de cette manifestation. Mais il fera son chemin puisqu’il vient – quand même – de recevoir le Prix du cinéma positif du Festival de Cannes. Sans oublier que Nabil Ayouch a également reçu le Prix Best achievement in cinema, une consécration pour l’ensemble de sa carrière cinématographique. Il lui a été décerné par l’organisation humanitaire Union-Life International. Il n’y a pas que de la déception dans l’air, il y a aussi de l’espoir.