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Rapport Guterres : une victoire de fond pour le Maroc

Par : Hedi KENDIRE

Par : Hedi KENDIRE 

Il aura suffi de quelques lignes sur un « conseil de transition » pour que le vent tourne dans les gazettes. À Alger, on sable le champagne de l’autodétermination retrouvée. Ils ont la faiblesse de tout fêter, pour peu que cela nuise à l’ennemi stratégique. À Rabat, on se rassure en répétant que l’autonomie reste « la seule base ». Entre l’ivresse des uns et la prudence des autres, une évidence se perd : ce rapport ne dit ni ce que l’Algérie veut lui faire dire, ni ce que nous espérions y lire.

Ce que dit le texte, et ce qu’il ne dit pas

Le Secrétaire général ne parle plus de référendum d’indépendance ; il parle de « véritable autonomie », de garanties, de modalités. Le débat a quitté le terrain du « si » pour celui du « comment ». C’est une victoire de fond, et elle est marocaine.

Quant au « conseil de transition », il n’est qu’une piste de travail, sans composition ni mandat arrêtés. Ce n’est pas un gouvernement parallèle, encore moins une tutelle onusienne. Et la « consultation » des populations ? Elle ne contredit pas notre plan : l’initiative de 2007 prévoyait déjà que le statut d’autonomie serait soumis à l’approbation des populations concernées. Une autodétermination qui s’exerce en ratifiant l’autonomie dans la souveraineté marocaine, c’est exactement la formule que nous défendons.

Alger crie victoire. Mais laquelle ?

La victoire algérienne est une victoire de vocabulaire. On brandit le mot « autodétermination » comme on agite un drapeau dans un stade vide. Mais derrière les mots, les faits sont têtus : Alger négocie désormais dans un cadre qu’elle a combattu pendant un demi-siècle, sous le regard de Washington, de Paris, de Madrid, de Bruxelles. Chaque round de discussion l’arrache un peu plus à sa posture de « simple observateur ». Ce n’est pas le Maroc qui recule.

Mais il serait malhonnête de s’arrêter là. Le dernier kilomètre est toujours le plus long. Transition, désarmement, élections, ressources, garanties internationales : chacun de ces chantiers est un champ de mines où le « Polisario » et son parrain peuvent enliser le processus pendant des années. Le statu quo n’a pas besoin de gagner ; il lui suffit de durer.

Les grandes puissances : un levier, pas une baguette magique

Le soutien américain, européen et britannique n’a pas été inutile : il a changé la base même des négociations. Mais aucune capitale n’imposera une solution par décret. Elles veulent un règlement « mutuellement acceptable », c’est-à-dire négocié. Les grandes puissances ouvrent des portes ; elles ne franchissent pas le seuil à notre place. S’en remettre à elles seules, c’est faire dépendre une cause existentielle de l’agenda électoral des autres.

 

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