
Les événements de Sebta ont fait couler beaucoup d’encre … et de salive, notamment de l’autre côté de la rive nord du Maroc. Procès d’intention, accusations à l’emporte – pièce, raccourcis racistes, manipulation des faits… Tout prétexte est bon pour « casser du Marocain », du « moro », pour reprendre une désignation espagnole d’un racisme nauséeux et abject.
Mais derrière ce hallali anti- marocain, il y a une vérité crue que les chevaliers blancs de la moraline bon teint, par lâcheté ou mauvaise foi, ne veulent pas voir. Le problème de Sebta et M’lilia, n’est pas l’émigration “irrégulière”. Ce qui est IRREGULIER, mais alors IRREGULIER, c’est que l’Espagne continue d’occuper deux villes du nord marocain, sans oublier évidemment les autres îlots et rochers sur lesquels le drapeau du colon ibérique continue de flotter anachroniquement. Honteusement.
La frontière sud de l’Espagne et de l’Europe finit à Tarifa et non à Sebta et M’lilia. On ne tord pas le coup à l’évidence géographique et historique (5 siècles d’occupation espagnole). Prétendre que Sebta et M’lilia sont espagnoles, cela revient à admettre que Madrid, Paris, ou Bruxelles, sont aussi marocaines… et africaines.
Voilà le fond de la question; voici le fond du débat qui doit être replacé sur le terrain de la souveraineté et non sur celui de l’émigration « irrégulière », devenue la victime expiatoire pour la cécité géopolitique européenne.
Il est temps, il était grand temps que l’Europe droit-de-l’hommiste s’arme de courage et de lucidité pour corriger cette bourde historique. “Se taire sur cette vérité est plus dur encore ; toutes les vérités que l’on a tues deviennent venimeuses. ».
Ainsi parla “Zarathoustra”, ainsi parla la vérité.
