
La vidéo est insoutenable à regarder. On y voit un homme, identifié comme Abderrahim Fakir, plaqué au sol par deux policiers, épaulés par un troisième individu. Son corps et sa tête sont pressés à même l’asphalte, poings et pieds liés et ce, sous le regard incroyablement passif de quatre secouristes de la Croix rouge. Ni les images accablantes de cette interpellation sauvage ni les ultimes cris au secours lancés par la victime n’ont poussé les policiers à desserrer l’étau et éviter l’irréparable: Abderrahim est mort d’une mort cruelle.
La scène horrible a eu lieu dimanche 17 juillet, sur la Viva Svevo, non loin du domicile de la victime, résidant en Italie depuis trente ans. “Ils l’ont tué de sang-froid. Ils ont tué mon frère sans pitié. Je veux que la vérité sur mon frère soit connue”, exige la sœur du défunt, Katia Fakir, citée par la Repubblica.
La piazza per Abderrahim Fakir si trasforma in una serata di tensione a Bologna.
Il presidio in Piazza del Nettuno era nato per chiedere “giustizia, verità e dignità” dopo la morte del 42enne durante un intervento di polizia al Pilastro. Poi una parte dei manifestanti si è… pic.twitter.com/znSqiGu7cX
— La Sicilia (@lasicilia) July 21, 2026
Malgré cette bavure documentée, la police bolognaise n’a pas trouvé utile de suspendre les policiers par qui cette bavure est arrivée. Pire encore, elle a tenté de faire accréditer la thèse selon laquelle la victime était en « pleine crise psychiatrique » et que l’intervention des deux policiers s’était faite « à la demande » des riverains de la victime, accusé sans autre forme de procès de présenter des « troubles psychiques ».
#zonabianca
Non entro nel merito della vicenda di Abderrahim Fakir a Bologna. Ma il video di sua sorella mostra un dettaglio che non possiamo ignorare. Parla di un enorme problema culturale, di un’incompatibilità profonda che spesso fingiamo di non vedere. Capisco il dolore.… pic.twitter.com/oJX8eHYjS9— Sarah Connor (@libesabi) July 20, 2026
Une enquête pour “homicide involontaire”…
“Six personnes ont été identifiées dans le cadre de l’enquête préliminaire du parquet de Bologne sur le décès d’Abderrahim Fakir”, rapportent les médias italiens. Il s’agit de deux policiers du commissariat de Pontevecchio (Bologne) intervenus sur les lieux et de quatre ambulanciers. L’affaire est instruite pour homicide involontaire, notamment au regard des investigations complémentaires qui seront ouvertes”, a annoncé le parquet, assurant que “toutes les investigations nécessaires seront menées dans le respect des garanties légales, afin de parvenir rapidement à une reconstitution complète et exhaustive des faits”.
En attendant, l’incompréhension, la colère et l’indignation agitent l’opinion publique italienne. Sur les lieux du meurtre, outre des manifestations de solidarité avec la famille de la victime, origine du quartier Sbata, à Casablanca, des bouquets de fleurs sont déposés et des graffitis dénonciateurs envahissent les murs. “L’Etat tue”, assène -t- on, en protestation contre bavure policière fatale.