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Les dimanches d’Aziz DAOUDA. Pegasus, l’éternel recyclage médiatique

Quand certains ressortent une affaire farfelue pour tenter de parasiter le rapprochement franco-marocain

Par : Aziz DAOUDA

La visite officielle du premier ministre français Sébastien Lecornu à Rabat s’inscrit dans une dynamique de rapprochement particulièrement forte entre le Royaume du Maroc et la République de France. Après plusieurs années de crispations diplomatiques, les deux capitales semblent avoir choisi de tourner la page pour reconstruire un partenariat fondé sur des intérêts stratégiques communs : sécurité, économie, investissements, énergie et coopération régionale.

Cette nouvelle donne ne fait cependant pas que des heureux ; les malheureux et mécontents étant toujours les mêmes. Cela va de soi.

Depuis plusieurs mois, une partie de la gauche radicale française, épaulée par certains médias qui lui sont proches, semble incapable d’accepter cette normalisation des relations entre Paris et Rabat. À chaque avancée diplomatique majeure, les mêmes accusations reviennent, les mêmes sujets sont ressortis des archives, avec un calendrier qui interroge.

Cette fois encore, le scénario paraît identique.

En concomitance avec la visite de Sébastien Lecornu à Rabat, sa première visite à l’étranger depuis sa nomination, faut-il le rappeler, voilà que ressurgit l’affaire Pegasus. Une affaire pourtant abondamment commentée depuis plusieurs années et qui, malgré son immense retentissement médiatique initial, n’a jamais permis d’établir judiciairement les accusations les plus spectaculaires portées contre le Maroc.
Le procédé est désormais connu : annoncer de « nouvelles révélations », promettre des informations explosives, susciter le buzz médiatique… avant que le lecteur ne découvre finalement de longues pages reprenant essentiellement des éléments déjà publiés, sans véritable fait nouveau susceptible de modifier le dossier.

L’effet d’annonce prend alors le pas sur l’information.

Cette stratégie intervient dans un contexte où le régime algérien traverse une période diplomatique particulièrement délicate. Les tensions avec plusieurs partenaires occidentaux se multiplient, tandis que certaines affaires judiciaires embarrassantes viennent ternir davantage son image.

Parmi elles figure notamment l’arrestation en France de plusieurs ressortissants algériens, dont des fonctionnaires, soupçonnés dans une affaire de tentative d’assassinat visant un influenceur algérien réfugié sur le territoire français. Une affaire qui a suscité un profond malaise et alimenté les interrogations sur certaines pratiques des services algériens.

Cette indignation sélective apparaît d’autant plus frappante lorsqu’on la compare aussi au silence observé autour de l’emprisonnement du journaliste sportif français Christophe Gleizes en Algérie. Alors que cette affaire soulève des interrogations sur la liberté de la presse et les conditions d’exercice du métier de journaliste, elle n’a pas suscité la même mobilisation de certains milieux politiques et médiatiques pourtant si prompts à dénoncer d’autres États. Ce contraste alimente le sentiment d’une indignation à géométrie variable, où les principes invoqués semblent parfois dépendre davantage de la cible désignée que de la défense constante des libertés fondamentales.

Dans ce contexte difficile pour Alger, chaque épisode susceptible d’affaiblir le Maroc devient immédiatement un sujet de mobilisation pour les réseaux qui défendent les positions du régime algérien.

Mais cette fois encore, le calendrier médiatique semble avoir produit l’effet inverse de celui recherché.
Au même moment, le gouvernement français annonçait sa volonté de délivrer jusqu’à 250 000 visas aux ressortissants algériens. Cette décision a immédiatement provoqué de nombreuses réactions en France, où une partie importante de l’opinion publique considère qu’un tel geste est difficilement justifiable au regard des tensions diplomatiques récentes entre Paris et Alger ainsi que des difficultés rencontrées sur les questions migratoires.

Le débat public s’est alors rapidement déplacé.

Au lieu de se focaliser sur une énième résurgence de Pegasus, de nombreux Français ont davantage exprimé leurs interrogations sur cette politique de visas et sur les concessions accordées à Alger.
Résultat : la tentative de replacer Pegasus au centre de l’actualité est largement passée au second plan.
Comme lors des précédentes vagues médiatiques, l’affaire a suscité quelques gros titres avant de s’essouffler rapidement, faute d’éléments réellement nouveaux.

En communication politique, on appelle cela un soufflé qui retombe. Ou, pour reprendre une expression désormais célèbre du regretté Jacques Chirac : cela a fait « pschitt ».

Les relations entre le Royaume du Maroc et la République Française semblent aujourd’hui répondre à une logique géostratégique beaucoup plus profonde que les polémiques médiatiques cycliques. Les intérêts communs entre Rabat et Paris dépassent largement les campagnes de communication ponctuelles. Elles transcendent les caprices de telle ou telle capitale qui n’arrive pas à se libérer des complexes de l’histoire.
À force de recycler les mêmes accusations sans apporter de preuves nouvelles, ceux qui espèrent fragiliser ce rapprochement prennent le risque de banaliser leur propre discours. Car une polémique répétée sans faits nouveaux finit inévitablement par perdre de sa force.

Et cette nouvelle tentative autour de Pegasus semble, une fois encore, illustrer cette réalité.
N’en déplaise à certains, un Royaume et une République peuvent très bien avoir d’excellentes relations pourvu que soient respectés les fondements mêmes d’une relation saine entre deux Etats, à savoir : le respect réciproque, la confiance mutuelle et la reconnaissance des intérêts de l’un et de l’autre.
Et c’est bien ici le cas.

Au fait, on s’attend bien à ce qu’à la veille de la visite d’Etat que Sa Majesté le Roi va effectuer bientôt en République Française, une ou d’autres affaires de même acabit soient recyclées, par la même presse, pour parasiter et minimiser la portée de ce qui va alors être conclu : Un traité qui ne sera pas de nature à plaire à tout le monde.

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