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Quand le stade trahit l’esprit : la guerre des absences

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

La Coupe du Monde, promesse de communion universelle, se heurte au poison des rivalités politiques. Jamais cette contradiction n’est plus criante que dans le fossé qui se creuse entre l’Algérie et le Maroc, où le football est devenu le miroir grossissant d’une hostilité systématique. Le cas du quart de finale Maroc-France, ce soir, en est l’illustration la plus édifiante.

Le silence assourdissant des médias algériens.

L’animosité a franchi un cap : les médias officiels algériens ont tout simplement décidé d’ignorer l’existence de ce choc. Aucune analyse, aucun commentaire, pas même une mention de la rencontre. Ce black-out n’est pas un oubli, mais une stratégie : refuser de reconnaître le succès du voisin. Selon une analyse de Twala, ce match est vécu en Algérie comme « une prise d’otage affective », et le silence est perçu comme un refuge : « on va éviter. Non par grandeur d’âme, mais pour ne pas finir la soirée à insulter une télé » .

Cette politique de l’autruche est symptomatique. La presse algérienne n’a jamais mâché ses mots contre les succès marocains, criant au « scandale » et à la « crédibilité de la CAF » après un titre des Lions de l’Atlas . Cette fois, l’arme choisie est le silence, une tentative de nier la réalité d’une nation voisine qui brille sur la scène mondiale.

Quand la haine sort du cadre.

Cette animosité ne reste pas confinée aux bureaux de rédaction. Elle éclate dans la rue, en France comme ailleurs, où des « individus d’origine algérienne » ont été filmés en train d’arracher, de brûler et de déchirer publiquement le drapeau marocain . L’ambassade du Maroc à Paris a porté plainte pour « outrage au drapeau et incitation à la haine », dénonçant également des agressions verbales contre des femmes et des enfants arborant le maillot marocain.

Ces actes, perpétrés au soir de la qualification du Maroc, ne sont pas des faits divers. Ils sont le prolongement d’une guerre symbolique où les Algériens « détestent la réussite de leur voisin marocain ». Le sport, qui devrait rassembler, devient le prétexte à la vindicte contre tout ce qui représente la souveraineté marocaine.

Un double reniement.

Cette animosité manifeste est un double reniement. Elle trahit l’esprit sportif, transformant le rival en ennemi à abattre, et elle contredit les préceptes de la foi musulmane, qui érige le bon voisinage en devoir sacré.

Le football ne crée pas la haine ; il la révèle. Et ce qu’il révèle aujourd’hui est une blessure profonde. Il est urgent de rappeler que derrière le tumulte des réseaux sociaux et le silence des médias, les peuples aspirent à la paix. Comme l’espérait le Roi Mohammed VI, il est temps d’ouvrir « une nouvelle page, fondée sur la confiance, la fraternité et le bon voisinage » .

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