ACTUALITÉMondial 2026. Dima Maghrib

Le rêve américain est-il (réellement) à la portée du Maroc? La réponse d’un prestigieux média italien…

Le Maroc peut-il remporter la Coupe du monde 2026? La question brûle les lèvres, à juste « titre » d’ailleurs. Après son parcours épique au Mondial Qatar 2022, le Maroc confirme en balayant des pays présentés jusque-là comme des favoris de cette édition comme les Pays-Bas. 

En réponse à cette question, le prestigieux média italien CosmoPolis n’a pas eu l’ombre d’une hésitation. « Le Maroc, l’équipe africaine capable de remporter la coupe du Monde », a-t-il titré dans son édition du 5 juillet 2026. Voici in extenso la traduction de son article. 

 


Le Maroc, l’équipe africaine capable de remporter la Coupe du monde

Pendant des années, nous avons imaginé que le centre du football était un lieu géographique : l’Europe, l’Amérique du Sud. Aujourd’hui, le centre du football est là où il se construit le mieux. Le Maroc n’a pas déplacé le ballon, il a déplacé notre conception du ballon. Et c’est peut-être là sa plus grande victoire.

Le Maroc et le moment où la surprise s’estompe. Il existe un moment précis où une équipe cesse d’être une surprise. Ce moment ne coïncide pas avec une victoire. Les victoires peuvent être le fruit du hasard. Ni avec un exploit, car même les exploits sont parfois dus à un concours de circonstances favorables. Une équipe cesse d’être une surprise lorsqu’elle commence à se répéter. C’est ce qui arrive au Maroc.

Nous avons continué à raconter l’histoire comme s’il s’agissait encore du magnifique conte de fées africain de la Coupe du monde d’il y a quatre ans, de l’équipe capable d’atteindre des sommets jamais atteints par aucune autre équipe nationale du continent. Mais entre-temps, le temps a passé. Et dans le sport, le temps est impitoyable.

Le Maroc est resté le même. Il a changé quelques joueurs, son entraîneur et sa vision du football a évolué, mais son essence demeure. Et cette essence, c’est une équipe qui sait précisément ce qu’elle veut devenir.

La victoire 3-0 contre le Canada en dit bien plus que le score. Le Canada jouait à domicile, porté par l’enthousiasme du public et un mouvement qui s’est considérablement développé ces dernières années. Le Maroc, quant à lui, a fait preuve de la patience des équipes expérimentées. Il a attendu que le jeu lui offre des opportunités et, lorsqu’il les a trouvées, il a scellé le sort du match sans concéder la moindre chance.

Les grandes équipes font exactement cela. Elles n’ont pas besoin de dominer le ballon en permanence. Elles ont besoin de dominer certains moments. C’est une différence fondamentale.

Il faut également saluer le travail de Mohamed Ouahbi, arrivé après un entraîneur de renom comme Walid Regragui, sans éprouver le besoin de tout bouleverser. C’est une tentation fréquente dans le football moderne : changer pour prouver sa valeur. Ouahbi a, au contraire, choisi la voie la plus difficile. Il a conservé les points forts et les a fait évoluer. Aujourd’hui, le Maroc défend toujours avec rigueur, mais a aussi appris à attaquer avec plus de joueurs et une plus grande liberté. C’est une équipe moins prudente, mais tout aussi équilibrée.

Et puis il y a les joueurs. Achraf Hakimi, qui évolue au PSG, est devenu l’un des symboles du football contemporain. Défenseur par convention seulement, il couvre en réalité tout le terrain, insufflant énergie et personnalité à chaque mouvement. Brahim Díaz, désormais au Real Madrid, apporte créativité et technique entre les lignes. Yassine Bounou continue d’offrir la sérénité que seuls les plus grands gardiens peuvent transmettre. Autour d’eux se développe une génération de milieux de terrain comme Bilal El Khannouss, de Stuttgart, Neil El Aynaoui, à la Roma, et Azzedine Ounahi, à Gérone, capables d’apporter qualité et vitesse à une équipe qui ne repose plus uniquement sur l’organisation.

C’est peut-être là la véritable nouveauté. Pendant des années, les équipes nationales africaines ont été dépeintes à travers leurs qualités athlétiques, leur force physique et leur enthousiasme. Comme si elles étaient destinées à compenser leur manque de connaissances tactiques par leur énergie débordante.

Le Maroc brise définitivement ce stéréotype. C’est une équipe européenne par sa discipline et sud-américaine par son initiative. Mais elle reste profondément africaine dans la fierté avec laquelle elle aborde chaque match.

C’est une combinaison rare. C’est pourquoi le quart de finale contre la France sera bien plus qu’un simple match. Il nous dira si le Maroc peut remporter la Coupe du Monde. Mais au final, nous avons déjà la réponse. On ne peut plus se demander si le Maroc est une surprise.

Il faut se demander si nous n’avons pas réalisé trop tard que cette équipe était devenue une grande. Pendant des années, nous avons imaginé que le centre du football était un lieu géographique : l’Europe, l’Amérique du Sud. Aujourd’hui, le centre du football, c’est là où se construit la meilleure stratégie. Le Maroc n’a pas déplacé le ballon, il a déplacé notre conception du ballon. Et c’est peut-être là sa plus grande victoire.

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