
Une semaine après son annonce avec tambour et trompette, l’expédition militaire algérienne au Niger, la première depuis 1973, suscite une vive réprobation. Première réaction officielle, l’Union européenne a exprimé, par la voix de son porte-parole pour les Affaires étrangères et la sécurité, Anouar El Anouni, sa « préoccupation » et exige des « clarifications » d’Alger sur l’envoi de ses soldats algériens. « Les activités militaires dans la région doivent se conformer au droit international, respecter la souveraineté des États et garantir la protection des civils », a intimé l’Union européenne, en appelant à ce que « les mesures de sécurité soient transparentes, proportionnées et visant à réduire les tensions régionales ».
🇩🇿 🇪🇺 🇳🇪 FLASH | Le porte-parole pour les affaires étrangères et la sécurité de l’#UnionEuropéenne déclare :
« L’UE est préoccupée par le déploiement de soldats algérien au Niger et souhaiterait obtenir des clarifications sur la base juridique et l’objectif de cette action. »
— La Revue Afrique (@larevueafrique) November 6, 2026
Alger a invoqué le prétexte d’« assurer la protection des intérêts énergétiques et économiques communs algéro-nigériens » pour justifier l’envoi de sa soldatesque au Niger. Un prétexte qui s’effondre dès qu’on le confronte aux faits réels. En effet, le centre de décision est à chercher moins à Alger qu’à Moscou. ll n’est qu’à méditer sur le timing de cette décision pour s’apercevoir du « deal ». Alors que les premiers convois militaires algériens arrivaient à Agadez, nord du Niger, Moscou allait utiliser son veto, le premier d’un membre permanent du Conseil de sécurité depuis 1975, contre le projet de résolution américain sur le Sahara marocain. Le véto de la Russie à ce projet de résolution défavorable à l’Algérie, n’est pas sans lien avec leur rapprochement sur le Sahel d’autant que la Russie s’était abstenue huit années successives dans les votes au conseil de sécurité sur le Sahara.
Il apparait à l’évidence que le recours de Moscou à cette décision suprême avait une contrepartie: celle d’associer Alger à sa politique sahélienne, de l’y entrainer y compris militairement pour lui en faire porter une partie du fardeau, et quel fardeau!
En envoyant ses soldats à l’abattoir, Alger cherche à « sécuriser » plutôt les intérêts de la Russie? Quand on sait qu’Alger a sacrifié tous ses intérêts ou presque pour les yeux de la pseudo-« rasd », y compris avec l’Europe (France et Espagne notamment), il n’est pas étonnant de la voir endosser le rôle ingrat, de surcroît coûteux en termes humains et financiers, de « sous-traitant » dans le chaudron sahélo- saharien.
Des informations font état (déjà) de pertes humaines (entre 3 et 7 victimes selon les sources) au sein des unités de l’ANP déployés au nord du Niger, plus précisément dans la zone sensible du « triangle de la Mort », au cours d’un incident dont les circonstances exactes demeurent floues.
Toujours est-il qu’Alger lâche la proie pour l’ombre. Le veto russe a plutôt servi le Maroc qui va, enfin, se débarrasser de la « Minurso » définitivement, après 37 ans de présence dans le Sahara, et ainsi acter la clôture définitive du dossier du Sahara marocain aux Nations Unies. Par ricochet, Alger hérite du boulet qu’elle croyait mettre aux pieds de son voisin de l’ouest, et pas que… Elle devra désormais négocier une sortie du bourbier nigérian où elle s’est précipitée les yeux fermés.
Sinon, bonjour les sanctions européennes.



