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Drones de combat marocains : le réveil brutal de l’Espagne

La crise de Sebta a poussé certains esprits zélés en Espagne à ressortir le vieux/ nouveau scénario de guerre avec le Maroc. Début septembre, un ancien lieutenant -général de réserve, Francisco José Gan Pampols, a même osé affirmer que l’Espagne était “capable de paralyser le Maroc en 24 heures”. “Tout ce qui vole tomberait au sol”, a-t-il claironné, sans peut-être réaliser le ridicule de sa sortie qui relève plutôt d’une posture rhétorique que d’une réelle analyse stratégique réaliste. 

En poussant la chansonnette, l’ancien haut galonné espagnol voulait sûrement remonter le moral des troupes. Mais il a oublié un détail crucial: l’armée de son pays ne dispose toujours pas d’un drone armé. Ses quatre UAV Reaper, basés à Talavera la Real, au sud-ouest du royaume ibérique, continuent de voler comme lors leur acquisition auprès de Lockheed Martin en 2029 : sans armement. 

Or, le Maroc achète ses drones armés. Mieux encore, le Maroc n’a pas attendu la crise de Sebta pour mettre à l’épreuve ses drones de combat, qui ont d’ailleurs fait d’excellentes preuves à l’autre bout du dispositif de défense marocain réduisant ainsi à néant la capacité de manœuvre de la milice séparatiste armée à la solde du régime militare algérien. 

Le Maroc achète ses drones déjà armés 

Lorsque Rabat a acheté ses premiers Bayraktar TB2 turcs en 2021, ceux-ci ont été livrés avec des stations de contrôle et des munitions guidées MAM-C et MAM-L incluses dans le même contrat, observe le média espagnol spécialisé “escudo digital”.

Idem pour les MQ-9B SeaGuardian, drones acquis par le Maroc auprès des États-Unis, équipés de missiles Hellfire dès le départ. « Le Maroc n’achète pas de drones pour ensuite envisager de les armer ; il les acquiert déjà armés », relève la même source.

Le Maroc diversifie ses sources d’approvisionnement

Autre atout, et non des moindres: le Maroc diversifie ses sources d’approvisionnement en drones de combat. Le Maroc s’équipe de drones d’attaque, de surveillance, de destruction de navires et même de « kamikazes » israéliens, s’alarmait le quotidien la Razón en décembre 2021, qui en veut pour exemple les drones suicide Harop et du drone tactique de reconnaissance de taille moyenne, Hermes 450. L’excellente collaboration entre le Maroc et Israël a également conduit à l’acquisition du système israélien Skylock Dome, qui détecte, vérifie et neutralise les drones non autorisés.  

Autre fournisseur du Maroc en drones de combat, la Chine. Parmi ces drones, figurent le TB-001 / TB-001K, surnommé le « Scorpion à double queue », capable d’atteindre une portée opérationnelle de 6 000 kilomètres et une autonomie de vol de 35 heures et de transporter jusqu’à 1 200 kilogrammes de munitions, incluant des missiles légers et des bombes de précision, renforçant ainsi les capacités marocaines en matière de surveillance des frontières et de frappes stratégiques; des Wing Loong II, dont des unités sont basées à Laâyoune pour surveiller les frontières sud du royaume. 

En tout et pour tout, l’arsenal marocain est composé de 160 drones israéliens, de 26 appareils américains et d’une vingtaine d’autres d’origine turque. 

Le Maroc, hub régional de fabrication de drones 

Mais le Maroc ne compte pas en rester là. ll a jeté, un situ, les bases d’une véritable industrie militaire, y compris sur le segment à forte valeur technologique de fabrication de drones. De prestigieux fabricants de drones ont déjà posé leurs valises à Benslimane, près de Casablanca, notamment le turc Baykar et l’israélien BlueBird Aero Systems. L’objectif à terme est de permettre aux Forces armées royales d’être autosuffisantes et d’écouler ensuite le surplus en drones vers des pays alliés, notamment en Afrique.   

“Game changer” des guerres modernes, les drones ont complètement modifié le rapport de forces entre le Maroc et ses voisins immédiats. On comprend dès lors les véritables causes de cette poussée de fièvre au nord comme à l’est du Royaume. 

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