
SM le Roi s’invite malgré lui dans la pré-campagne électorale. On use et abuse de la référence au Souverain notamment dans la bataille rangée que se livrent le RNI et le PAM, alliés d’hier et adversaires d’aujourd’hui. Cette hyper-référence au Roi appelle à la fois une interrogation et un rappel à l’ordre. Du haut de quelle (ir) responsabailité mêle-t-on le Chef de l’Etat à des querelles inter-partisanes étriquées, voire mesquines, futiles et d’un niveau intellectuel ou moral particulièrement médiocre?
Le RNI et le PAM, pour ne citer qu’eux, peuvent s’écharper comme bon leur semble, mais le Roi doit rester au-dessus de la mêlée partisane, le seul “parti” du Roi étant le Maroc. Or, cette évidence semble tomber dans l’oreille d’un sourd. La manœuvre a été relevée et dénoncée par le Souverain lui-même: “Quand les choses vont bien, ils n’hésitent pas à s’en targuer. Mais quand les choses ne vont pas comme il se doit, ils se cachent derrière le Palais” (Cf: discours du Trône du 29 juillet 2017).
Le RNI et le PAM étaient dans le même “bateau” gouvernemental et la décence exige de leur part qu’ils assument ensemble le bilan de leur mandat devant le commun des électeurs. C’est faire preuve de lâcheté que de désavouer aujourd’hui ce que l’on défendait, hier, comme un « bilan collectif ».
PS: Abdelilah Benkirane, SG du Parti justice et développement (opposition), se reconnaîtra évidemment dans ce rappel à l’ordre. Nous y reviendrons prochainement.
