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« Un Zemmour bas de gamme » – Driss AJBALI clashe Driss Ghali, chroniqueur de CNews

Driss Ghali est chroniqueur franco- marocain sur CNews. Il est surtout VRP des « idées » d’extrême droite. C’est son « affaire », son « droit ». Pour autant, peut -il se permettre de « cracher », depuis des plateaux délibérément xénophobes et résolument racistes, sur son pays d’origine, accusé de « laxisme frontalier » concernant les évènements de Sebta ?

Le « justicier » autodésigné ne s’arrêtera pourtant pas à ce stade du « procès d’intention », il a encore insinué que les jeunes « brûleurs » pourraient être porteurs de « sida, de Covid ou de hantavirus »!!! Autant de dérapages auxquelles notre essayiste et sociologue Driss AJBALI a bien voulu réagir à travers lecollimateur.ma

Voici sa réponse. 

Par : Driss AJBALI *

« Est-ce que monsieur Macron est certain qu’il n’y a aucun islamiste dans les 60.000? Moi, je n’en sais rien. Est-ce qu’il y a un qui n’a pas le sida, par exemple ou qui a le Covid ou l’hantivirus ». Ces propos révulsants ne sont énoncés ni par un fieffé fasciste ni par un droitard de la pire espèce. Ils sont proférés, sur un plateau télé, par un commentateur d’origine marocaine.

On peut légitimement traiter CNews de fabrique de l’ignominieux. Vincent Bolloré peut tout aussi légitimement rétorquer que « le charbonnier est maître chez lui ». Mais cette capacité de la chaîne à recycler les Arabes en renégats et les noirs en alibis reste une énigme insupportable. C’est d’autant plus cruel que les franco-maghrébins y sont nombreux. Dans le CAC 40 de l’outrage, ces derniers sont devenus les boursicoteurs les plus zélés. Et ce, avec une surenchère verbale où c’est à qui mieux mieux dans l’abject. Et ça mordille sec et avec extase.

Il y a pas mal de Marocains. Driss Ghali est l’un d’eux. Si l’algérienne Sabrina Medjebeur, adepte du name-dropping, s’épuise à étaler, dans un langage sophistiqué et abscons, sa haine de la politique de la ville, Driss Ghali qui partage avec elle d’aimer s’entendre parler jusqu’à l’enivrement, paraît plus structuré et mieux formé. Mais dans la cohorte des arabes de la chaîne, il y a chez lui comme une faille. Sabrina est née à Montreuil, Najwa El Haïti à Rouen, Amine El Bahi à Roubaix, Amine El Khatmi à Avignon. Driss Ghali est né, en 1985, au Maroc. Comme c’est le cas de Naima M’Faddel. Avec une différence de taille. Naima, née en 1960, est arrivée en France en 1968, à l’âge de 8 ans. De l’immigration, elle a tout vécu.

Driss Ghali est arrivé en France, après son bac, autour des années 2000. On peut, à la limite, le comparer à Othman Nasrou, arrivé en 2005, pour faire sa prépa après avoir décroché son bac au lycée Lyautey. Celui-ci fait une vraie carrière politique, à droite, mais dans la dignité.

Driss Ghali, dans l’un de ses textes, l’avoue lui-même : « Grâce à RFI, j’ai connu la France d’une manière intime et sentimentale sans jamais y avoir mis les pieds ». Pire, arrivé sur le tard en France, il s’est empressé d’aller au Brésil où il fonda une famille avec une brésilienne et où il commit deux livres en langue portugaise.

Je ne sais pas de quand date son retour en France. Cependant et sur le plan médiatique, ce n’est qu’à partir de 2019, c’est-à-dire il y a 7 ans, qu’on déniche ses premiers contacts comme sujet d’interview d’abord, avec la revue Causeur d’Élisabeth Lévy, avant une collaboration éditoriale plus régulière à partir de 2020. Une accélération nette se produira à partir de 2022-2024 portée par la sortie de ses essais chez L’Artilleur, éditeur d’auteurs polémiques. Depuis, en plus de Causeur et de Tribune juive, il est devenu un habitué des plateaux CNews et de Sud Radio.

Driss Ghali est une anomalie. Il nous la joue plus français que les Français. Pire que cela. Il s’est assigné comme rôle de sauver les Français du naufrage identitaire qui les menace. Il nous la joue Cassandre et sonneur de tocsin. Et cela prêterait à rire, si ce n’était pas tragique. Comme les autres arabes de CNews, il revendique un passé qu’il n’a, lui tout particulièrement, pas eu. « Notre histoire », écrit-il « a été volée, notre destin n’est plus entre nos mains puisque nous avons importé des problèmes qui ne sont pas les nôtres. D’un côté, les problèmes typiques du sous-développement : corruption, incivisme, népotisme, clientélisme, ignorance et court-termisme. Ces maux font le malheur de l’Afrique et du Maghreb, ils sont désormais nos problèmes aussi puisque nous sommes devenus une extension, froide et pluvieuse, de ces deux civilisations ». Que c’est beau ! C’est oublier qu’il fait lui-même partie du problème et non pas de la solution.

Autres pépites, « Comment se sentir « en voyage » à Marrakech si le Maroc réside désormais dans les villes françaises ? ». Singeant médiocrement Éric Zemmour, il reprend, à sa manière, une de ses litanies « à Rome vivons comme des Romains, à Marrakech vivons comme des Marrakchis ». 

« La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini », écrivait Ernest Renan. Celui-là même qui, dans une conférence donnée à la Sorbonne en 1882, a le mieux défini « Ce qu’est une nation ?» : « La nation est une « âme », définie par un passé commun (souvenirs) et la volonté présente de vivre ensemble ».

C’est dire qu’on ne peut rien attendre d’un Driss Ghali. Un type de cet acabit qui trahit ses souvenirs, ses racines et l’identité dont il ne pourra, de toutes les façons, pas se libérer.

Celui qui vend son âme, pour des fatuités warholiennes, ne pourra que trahir son nouvel humus. Et s’il revendique un territoire. Il n’appartiendra jamais au terroir.

* Essayiste et sociologue 

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