
Le 3 mars 2026, Amir Moussaoui, ex-attaché culturel de l’ambassade de Téhéran à Alger et surtout membre du sinistre Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), s’est rappelé à notre triste souvenir à travers une apparition sur la chaîne irakienne “Al Rasheed”. Evoquant l’opération israélo-américaine “Fureur épique” visant le régime iranien, il s’est plutôt félicité (sic) du “soutien sans équivoque” exprimé à la république islamique d’Iran, “de TANGER à l’Australie” (voir vidéo ci-dessous).
Remarquez bien que “l’invité” a cité TANGER, et nulle autre ville arabe, à l’appui de son laïus concernant ce “soutien” manifesté au régime des Mollahs. Venant d’Amir Moussaoui, à qui le CGRI avait dévolu la “mission” de coordination, entre 2014 et 2018, des déplacements d’experts militaires du Hezbollah dans les camps de Tindouf pour entraîner les guérilléros du “polisario” aux nouvelles techniques de guérilla, dont la “guerre des tunnels”, celle-là même utilisée par le Hezbollah pour percer les lignes de défense israéliennes.
Cette citation est tout sauf le fruit du hasard. En effet, ce n’est pas anodin si, depuis la guerre israélo-américaine enclenchée samedi 28 février 2026, Tanger est devenue “l’épicentre” des manifestations pro-iraniennes. En 2015, la ville du Détroit a été le théâtre du baptême du feu de « Al-Khat al-Rissali” (la ligne du messager), une antenne locale du chiisme pur et dur associée à Driss Hani, figure controversée de la minorité chiite marocaine (entre 3000 et 8000 chiites, selon un rapport du département d’Etat américain sorti en 2009).
Bien qu’enregistrée via une société d’études et d’édition, les activités de prosélytisme de cette officine ont été interdites par les autorités locales, “faute d’autorisation”. Le coming-out de cette structure est certes quasi-impossible, pour autant, le poison chiite continue de couler dans les veines d’une société plutôt occupée à gérer les effets nocifs du salafisme jihadiste, à l’origine de la chape de plomb terroriste qui s’est abattue sur le Maroc un certain 16 mai 2003, faisant 45 morts parmi des civils innocents.
Or, la menace chiite était là, quoique discrète. Elle revêt tantôt une forme sociale (Cf: les célébrations de l’Achoura), académique, parfois politique, comme le démontrent ces manifestations de soutien à l’Iran, considérée à tort comme “la première ligne de défense collective face à la loi du plus fort”. Souvent, le soutien à la cause palestinienne est invoquée pour justifier celui apporté au régime iranien perfide, oubliant que ce régime est aussi comptable de la tragédie que connaît la région du Moyen-Orient.





