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Abdelhadi Khairat a-t-il été convaincant ?

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

 

 

Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Le passage d’Abdelhadi Khairat dans l’émission télévisée « Nouqta Ila Satr », après son adhésion au Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), constitue un moment politique significatif, bien au-delà de sa dimension médiatique. Il s’agissait d’une séquence de clarification, mais aussi d’un double test : celui de la cohérence personnelle et celui de la capacité de conviction.

Sur la forme, l’ancien dirigeant USFP a affiché une maîtrise évidente. Calme, posé, il a su encadrer les questions, parfois en les reformulant avant d’y répondre. Cette méthode traduit une longue expérience politique et une volonté de contrôler le message plutôt que de subir le rythme de l’interview. Aucun débordement, aucune posture conflictuelle : le choix assumé de la modération et de la rationalité.

Cependant, la discipline peut parfois conduire à une certaine prudence excessive. En privilégiant les considérations générales — continuité du combat de gauche, attachement aux valeurs de justice sociale —, il a évité d’entrer dans une analyse détaillée des raisons profondes de son repositionnement. C’est précisément là que se situe l’enjeu de la conviction.

A-t-il été convaincant ?

La réponse dépend du regard porté.

Pour les partisans d’un regroupement des forces de gauche, son discours apparaît cohérent et logique, présenté comme la continuité d’un parcours militant. Pour les observateurs plus critiques, un besoin de clarification plus approfondie subsiste quant aux motivations politiques et organisationnelles de cette transition.

En définitive, cette intervention n’était ni défensive ni spectaculaire. Elle relevait davantage d’un positionnement réfléchi que d’un coup d’éclat. Mais en politique, l’impact durable ne se mesure pas uniquement à la qualité d’une prestation télévisée. Il dépendra surtout de la capacité à transformer ce repositionnement en dynamique concrète au sein du parti et dans le débat public.

Car la politique ne se limite pas à l’art de paraître ; elle repose avant tout sur l’art de construire.

 

 

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