
Par: Mohamed KHOUKHCHANI

Le Maroc dispose d’un patrimoine naturel montagneux exceptionnel, allant du Rif au Moyen Atlas, du Haut Atlas à l’Anti-Atlas. Ces espaces attirent chaque année un nombre croissant de touristes nationaux et étrangers, amateurs de randonnées pédestres, de trekking et d’ascensions en toutes saisons.
Toutefois, la pratique du tourisme de montagne n’est pas sans risques et exige une préparation rigoureuse, une évaluation objective des capacités physiques et le respect strict des règles de sécurité.
La montagne marocaine : un milieu exigeant
Contrairement à certaines idées reçues, les massifs montagneux marocains ne sont pas des espaces anodins. Les variations climatiques rapides, l’altitude, l’isolement de nombreuses zones, la rareté des moyens de communication et la difficulté d’accès pour les secours rendent toute imprudence potentiellement grave.
Les conditions météorologiques peuvent évoluer brutalement, notamment dans le Haut Atlas et le Rif, exposant les randonneurs à des risques de froid intense, de chutes, de crues soudaines ou de brouillard dense.
État de santé et aptitude physique
La randonnée en montagne et, plus encore, l’escalade ou les parcours à fort dénivelé, ne sont pas accessibles à tous.
Les personnes souffrant de maladies cardio-vasculaires, respiratoires, de diabète mal contrôlé, d’hypertension ou de troubles de l’équilibre doivent impérativement consulter un médecin avant toute activité en altitude.
L’effort prolongé, l’altitude et les conditions climatiques extrêmes peuvent entraîner des malaises sérieux, mettant en danger la vie du pratiquant et mobilisant inutilement les services de secours.
Risques saisonniers spécifiques
Les dangers varient selon les saisons :
● En hiver : risques d’avalanches dans certaines zones du Haut Atlas, plaques de verglas, chutes, hypothermie.
● Au printemps : fonte des neiges, instabilité des sentiers, crues des oueds.
● En été : coups de chaleur, déshydratation, orages soudains, chutes de pierres.
● En automne : baisse rapide des températures, glissades, réduction de la durée du jour.
Le respect des bulletins météorologiques, des alertes locales et des recommandations des autorités est une obligation, non une option.
Équipement adapté et anticipation
Tout randonneur ou touriste de montagne doit disposer d’un équipement approprié, adapté à la saison, à l’altitude et à la durée de l’itinéraire : chaussures de montagne, vêtements thermiques ou respirants, protection solaire, réserve d’eau suffisante, moyens d’orientation, lampe, téléphone chargé ou GPS.
L’équipement inadapté demeure l’une des principales causes d’accidents en montagne.
Recours aux guides locaux
Le recours aux guides de montagne agréés, notamment dans les régions de l’Atlas et du Rif, constitue une mesure essentielle de sécurité.
Ces professionnels maîtrisent le terrain, les conditions climatiques, les itinéraires sûrs et savent réagir face aux situations d’urgence. Leur rôle est déterminant dans la prévention des accidents.
Trousse de secours et autonomie minimale
Toute randonnée, quelle que soit sa durée, doit s’accompagner d’une trousse de premiers secours contenant le matériel de base pour les soins urgents, ainsi que des produits alimentaires de première nécessité.
En zone isolée, cette autonomie minimale peut être vitale en attendant l’arrivée des secours.
Conclusion :
Le tourisme de montagne au Maroc représente une opportunité majeure de développement durable et de valorisation des territoires ruraux. Toutefois, cette activité ne peut se pratiquer dans l’improvisation.
Préparation, responsabilité, respect de la nature et des règles de sécurité sont les conditions indispensables pour que la montagne demeure un espace de découverte et non de danger.



